Un peu de pudeur, camarade Jospin

Publié le par Solon

jospin-royal2.jpgLu sur : http://www.blogdesolon.org


Cher Lionel,
 
La période est agitée chez les socialistes, qui ont successivement perdu toutes les élections législatives et présidentielles depuis 2002. Dans ce contexte déprimant, on pouvait s'attendre à ce que, fort de ton expérience, tu proposes des perspectives pour l'avenir dans l'ouvrage dont tu avais annoncé la publication.

Les jeunes militants que nous sommes n'en attendaient pas moins de celui dont ils avaient soutenu l'action de 1997 à 2002. Tu étais alors Premier ministre et nous avions apprécié l'éthique gouvernementale que tu avais instauré, mettant en oeuvre le programme pour lequel les Français avaient élu une majorité de gauche au Parlement.

Quelle n'est pas notre déception à constater aujourd'hui que ton livre porte si bien son titre: L'impasse. Nous attendions une analyse et des conseils. Nous découvrons une charge haineuse qui ne nous paraît guère de nature à faire avancer la gauche, mais plutôt à poursuivre interminablement des querelles d'égos.
Libération ne s'y trompe pas, évoquant "un exercice de crucifixion en bonne et due forme", y voyant "la frustration et l'aigreur d'un homme qui n'a jamais su se remettre de son cuisant échec de 2002 ".
Nous ne pensons pas que ce pamphlet violent contre la candidate qui a conduit la gauche au second tour de l'élection présidentielle et recueilli 17 millions de voix soit pour toi la meilleure façon de servir un parti qui te doit beaucoup.

Aujourd'hui, le PS reprend d'ailleurs nombre de questions soulevées par Ségolène Royal - les rapports de la gauche et du centre - et développe les pistes qu'elle a tracées, comme l'ordre juste et la démocratie participative.

A vrai dire Lionel, avec cette Impasse qui porte si bien son nom, tu t'obstines dans un ressentiment qui nous a maintes fois surpris depuis le 21 avril 2002 . Nous n'avions pas compris ni approuvé ta tentative de retour en septembre 2006. Nous connaissons les limites de ton action gouvernementale, qui apporta beaucoup à la France (croissance, emploi) mais conforta le doute des Français à l'égard de la gauche.

Dans ton livre, tu regrettes que Ségolène Royal n'ait pas pris "comme socle pour aller plus loin" la période 1997-2002. Peut-être pouvons-nous t'apporter quelques indices. Il faut en effet que les socialistes cultivent la sincérité. Ainsi, tu sembles oublier que l'issue de cette période fut malheureuse, que pendant cette période tu négligeas de conduire la réforme des retraites, tu perturbas le rapport des Français à la gauche en réalisant des baisses d'impôt et à ta personne en cachant obstinément ton passé trotskiste. Au même moment, dans une démarche moins complexée, Tony Blair et Gerhard Schroeder accomplissaient chacun d'importantes et difficiles réformes dans leurs pays.

Alors nous sommes peinés que cinq ans après tu ne trouves rien de mieux à apporter à la gauche que ces pages acerbes. Nous aurions apprécié, à tout le moins, un peu plus de pudeur.
 

Nous guettions un souffle et nous prenons une gifle
.
Et nous regrettons que cette Impasse porte le nom de Lionel Jospin.

Publié dans Divers

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MONESMA RENE 12/10/2007 22:06

Salut,Voilà un bon commentaire!!Cordialement,René