Une semaine sur Desirs d'avenir.org (du 1er au 6 décembre 2007)

Publié le par Désirs d'avenir.org

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Jeudi 6 décembre 2007




"Toute ma place au premier rang"

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Le Monde - La gauche, comment sortir de l'impasse ?



Vous semblez avoir échappé à la dépression post-défaite qui a touché tous les candidats battus au second tour de l'élection présidentielle. Comment avez-vous fait ?

Ségolène Royal - Oui, c'est vrai. J'ai senti cela dès le soir du second tour. Malgré la défaite, je suis restée debout. Je n'ai pas pensé à moi-même, mais à tous les électeurs qui ont été déçus, parfois désespérés de ce résultat. Je me suis dit que, pour eux, Ségolène Royal n'existait pas, c'était la candidate qui était là qui avait incarné quelque chose et qui devait rester forte. Rester forte. D'une certaine façon, la fierté de cette campagne, j'ai continué à la porter après la campagne parce que quelque chose s'est levé, une espérance qui ne s'arrêtera pas.

Votre livre est intitulé "Ma plus belle histoire, c'est vous". C'est une conception romanesque de la politique ?

Non. C'est la traduction de la démarche participative que j'ai engagée. Aujourd'hui, on ne peut pas faire de la politique sans y associer les Français. Même si cette démarche a eu du mal à embrayer sur la seconde étape, celle des propositions, et c'est sans doute un des points faibles de la campagne. Mais, plus que jamais, la politique est une belle histoire dont les citoyens sont les premiers acteurs.

Le mot subliminal de votre titre, c'est le mot amour. On imagine déjà vos détracteurs s'agacer de voir à nouveau la ferveur qui a entouré votre campagne l'emporter sur la rationalité politique...

Tant mieux. La rationalité est largement répartie, la ferveur, ça n'est pas donné à tout le monde. Je crois que c'était un atout... Regardez ce qui se passe aujourd'hui en France, les gens ne s'aiment pas. Il y a une forme d'exercice du pouvoir qui consiste à rendre jaloux les uns des autres, à les dresser les uns contre les autres, ceux qui ont droit aux heures supplémentaires et ceux qui n'y ont pas droit, ceux qui sont méritants et ceux qui ne le sont pas, ceux qui se lèvent tôt et ceux qui travaillent tard... J'avais dit dans ma campagne que cela aiguiserait les tensions et les violences. C'est bien ce qui est en train de se passer, en particulier dans les banlieues, où rien n'a été fait depuis l'élection présidentielle.

Quelles sont, à vos yeux, les principales causes de votre défaite ?

Le manque de discipline, au bon sens du terme. Le manque de discipline dans mon camp, alors que j'avais été désignée par 60 % des adhérents. Cette règle commune aurait dû s'imposer à tous. Le manque de discipline aussi dans l'adhésion aux idées neuves que j'ai portées, d'évolutions profondes de la société française que j'avais comprises. Non pas moi toute seule, mais en écoutant les forces démocratiques, les experts, les sociologues, avec aussi mon expérience d'élue depuis plus de vingt ans. Je voyais bien les choses monter dans le pays. La démocratie participative nous a beaucoup appris sur un certain nombre de réalités qui n'ont pas suffisamment été prises en compte dans la campagne parce qu'elles heurtaient un certain nombre de dogmes socialistes. En particulier la question centrale selon laquelle la gauche, aujourd'hui, a la responsabilité de mettre en place les sécurités collectives qui permettent les choix individuels et les réussites individuelles. La gauche a toujours eu du mal à faire cette réconciliation. Et plus que jamais, c'est la gauche qui peut le permettre. C'est en sécurisant les gens, en luttant contre toutes les formes de désordre qu'on permet ensuite à un pays de se projeter dans l'avenir et aux citoyens de prendre des risques, et donc d'être créatifs et de relancer la croissance économique.

Vous n'aviez donc pas, et le PS non plus, une vision claire de l'état de la France, de ses attentes ?

Globalement, il y a eu peut-être un manque d'attention apportée aux mutations. Il y a eu aussi des synthèses un peu artificielles lors des congrès du Parti socialiste, parfois la crainte de trancher un certain nombre de questions qui fâchaient, le traumatisme lié au référendum européen qui avait divisé les socialistes. Bref, une certaine frilosité pour aborder des questions sur lesquelles nous n'étions pas forcément d'accord, mais qui, avec un travail approfondi, auraient permis de faire émerger des choix collectifs. Je pense à la question de l'identité nationale, aux questions liées à la sécurité, au débat sur la liberté de choix de l'école par les familles, à la question de la valeur travail. Autant de valeurs fondamentales que les socialistes ont trop longtemps laissées à la droite. Ce travail a été entamé pendant la campagne présidentielle. Nous devons le poursuivre.

La difficulté d'être femme en politique, à ce niveau, reste-t-elle l'une des explications centrales des réticences à l'égard de votre candidature ?

Oui, c'était une révolution. Il y a eu un procès lancinant en incompétence. C'est typiquement le procès que l'on fait aux femmes. En clair, il y a en politique des sujets de filles et des sujets de garçons. Les sujets de filles sont forcément secondaires : l'éducation, l'environnement, le social, le handicap, la famille. Tout ce qui passionne les Français et qui fait l'essentiel de leur vie quotidienne, car ce sont les domaines où ils mesurent le progrès social dont ils peuvent bénéficier. Et puis vous avez les sujets de garçons : l'économie et l'international. Forcément, une fille est incompétente sur les sujets de garçons. Eh bien, je revendique le fait que ces sujets de garçons - l'économie et l'international - sont des sujets très importants, dans lesquels j'ai aussi une compétence, sans doute à améliorer, ce à quoi je m'emploie. Car l'économie et l'international sont quand même au service du progrès social, du progrès éducatif, de la lutte contre les inégalités, de la remise en avant du facteur humain. Je revendique le droit pour les femmes à avoir cette double compétence, même si - je n'en disconviens pas - sur un certain nombre de sujets, comme les retraites ou le financement de la Sécurité sociale, je n'avais pas toutes les réponses.

Vous avez manqué de temps ?

Bien sûr. L'année qui a été prise pour le combat interne au Parti socialiste a manqué pour se rassembler au sein du Parti socialiste, pour commencer les convergences avec les autres forces de gauche démocratiques et de progrès dans le pays. Et aussi pour recaler un programme présidentiel à partir du projet du Parti socialiste.

En quoi cette campagne a-t-elle modifié votre analyse de la situation du pays ?

Je retiendrai surtout, au contact des centaines de milliers de Français, leur soif démocratique. Les Français veulent profondément que le pays se réforme, bouge. On dit, à tort, que les Français n'aiment pas les réformes. En réalité, ils veulent en comprendre la cohérence et avoir la garantie de la justice de ces réformes. Ce qui m'a frappé, c'est le sentiment d'un immense gaspillage de talents, d'énergie et d'imagination. Nous sommes dans une société qui n'est pas mise en mouvement et les choses s'aggravent aujourd'hui avec ce pouvoir personnel qui pense qu'il peut concevoir tout seul ce qui est bon pour la société. Je crois, au contraire, qu'un Etat et les pouvoirs publics sont là pour faire levier dans la société et mettre ses forces en mouvement.

Votre livre en témoigne : le désir d'avenir de Ségolène Royal est intact...

J'ai fait cet exercice qui n'était pas facile : faire le bilan de la campagne. Je veux que les leçons soient tirées pour les prochaines échéances, quel que soit le candidat. Ma détermination est totale, forte, passionnée, à m'engager dans ce qu'il est convenu d'appeler la rénovation de la gauche. Forte de cette expérience que je viens de vivre, je serai, d'une façon ou d'une autre, au premier rang de cette bataille et de cet effort.

Faut-il, pour gagner, que le PS change de nature, de projet, de fonctionnement ?

Il faut que le parti devienne attractif, qu'il attire de nouveau vers lui les mouvements, les forces intellectuelles et sociales du pays. Nous devrons réussir à accomplir un dépassement de nous-mêmes et faire en sorte que les autres forces de gauche, y compris les forces de centre et de centre gauche, viennent vers nous. Je conçois les alliances futures non pas comme des alliances entre appareils, je ne conçois pas la rénovation et la modernisation du PS comme un dérapage vers la droite ou vers je ne sais quelle social-démocratie...

Le mot vous paraît obsolète ?

Oui, obsolète et très connoté comme un déplacement à droite, comme s'il y avait une gauche inefficace et une gauche efficace qui serait plus à droite que celle qui est plus à gauche. Je ne crois pas du tout à cela. Je pense qu'il faut capter le meilleur dans tous les courants de pensée. On a beaucoup parlé de la main tendue à François Bayrou. C'est oublier que j'avais aussi confié une mission à José Bové sur la réforme de l'aide au développement. L'altermondialisme doit converger vers nous. Quant à l'extrême gauche, sa radicalité est nécessaire sur certains sujets, mais pas tous. Dans d'autres domaines, au contraire, il va falloir nouer des compromis sociaux pour que les réformes se fassent sans que les lois du libéralisme sauvage l'emportent.

Sur quel sujet la radicalité est-elle la bonne réponse ?

Pour la défense de la protection sociale et dans la lutte contre les franchises médicales. Nous ne devons absolument pas laisser faire le démantèlement de la protection sociale. Il faut également défendre de manière radicale les services publics, leur raison d'être, leur gratuité. Il en est de même pour résoudre le problème des banlieues et vraiment mettre en mouvement cette France métissée que j'ai évoquée et qui, parfois, a été mal comprise par un certain nombre de Français qui ont eu peur pour l'identité nationale.

Vous sentez-vous plus proche des idées de François Bayrou ou de celles d'Olivier Besancenot ?

Je ne fais pas de choix. C'est un dépassement dans le respect des identités de chacun de ces mouvements politiques. Le Parti socialiste peut redevenir une force centrale qui s'assume en tant que force centrale à gauche, capable d'associer ces différents courants. Je me reconnais dans les propos de François Bayrou sur l'impartialité de l'Etat et sur la droite, mais pas quand il en rabat sur la question des services publics. Je me reconnais dans Olivier Besancenot quand il demande la radicalité sur un certain nombre de sujets, mais pas quand il dit qu'il faut un mouvement social sur tous les sujets.

Avez-vous l'intention de prendre la direction du PS ?

Je vous confirme ma principale motivation : prendre, aujourd'hui, toute ma place au premier rang - mais il y a plusieurs personnes sur un premier rang. Tout ce qui a été débattu durant la campagne est une base extrêmement riche à partir de laquelle nous devons continuer à travailler. Ensuite, on verra le moment venu. Mais je ne veux pas que les socialistes restent sur cette défaite.

Ni vous ?

Ni moi. Je pense que nous sommes plus capables que la droite d'accompagner la mutation du monde et de réformer la société française sans brutalité. On peut faire l'alliance entre les générations. L'un de mes plus profonds regrets dans ce résultat, c'est de ne pas avoir su convaincre les personnes âgées. Je suis convaincue que la France ne peut avancer que si nous arrivons à réconcilier les générations. Ce travail au long cours auprès de nos anciens, j'ai bien l'intention de le conduire et de le gagner.





Mercredi 5 décembre 2007


Lettre de Ségolène Royal

 

Chers amis de Désirs d'Avenir,

L'actualité de ces derniers temps m'inspirent quelques réactions dont vous pouvez débattre sur le site.

Voyage de Nicolas Sarkozy en Chine : service minimum pour les droits de l'Homme.

Au delà de la communication sur les contrats industriels qui étaient pour la plupart déjà signés et des déclarations d'intention sur la nécessaire réévaluation du yuan, de nombreuses ONG, en particulier Reporter Sans Frontières, déplorent déjà la quasi-absence de déclarations tangibles sur les droits de l'Homme.

L'absence de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade est révélatrice. Mais de là à déclarer que la Chine avait effectué des « progrès depuis 30 ans » sur la question des droits de l'homme, il y avait une ligne rouge que la décence imposait de ne pas franchir.

A moins de huit mois des prochains Jeux olympiques, alors que monde a le regard tourné sur la Chine, la France avait la responsabilité historique de rappeler qu'elle n'oubliait ni le Tibet, ni Tien an Men, ni les exécutions continues – et croissantes – d'opposants politiques. Les contrats, surtout ceux déjà signés, ne permettent pas tout.

La France ne gagnera pas le respect des Chinois en mettant de côté ses valeurs fondamentales : les Allemands souvent très durs avec Pékin, se sont toujours mieux imposés que la France sur le marché chinois. Les parts de marché que les entreprises françaises doivent gagner dans ce pays ne sont pas incompatibles, loin s'en faut, avec un discours ferme et équilibré sur l'Etat de droit, la démocratie et les droits de l'homme. C'est cela une démocratie qui marche sur ses deux jambes. La France ne doit plus être arrogante avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être fidèle à elle-même, constante dans ses convictions pour mieux promouvoir ses intérêts.

Elections en Russie, visite du Colonel Kadhafi en France

Comme l'a dit François Loncle à l'Assemblée Nationale, au lendemain des élections législatives russes, les accusations de fraude massive, de pressions et de malhonnêteté se sont multipliées en Russie et dans le monde. Et Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux à faire que de se précipiter au téléphone pour féliciter chaleureusement M. Poutine alors que les dirigeants de l'Espagne, de l'Italie, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ainsi que le gouvernement allemand, soulignent que ces élections n'étaient ni équitables, ni libres, ni démocratiques ! Pourquoi ce coup de téléphone pour le moins hâtif et imprudent, cette caution supplémentaire à un régime de plus en plus autoritaire ? Voila qui contredit totalement les engagements de M. Sarkozy, qui déclarait en mai dernier : « ce n'est pas parce que la Chine et la Russie sont de très grandes puissances que l'on doit s'interdire de dénoncer les violations des droits de l'homme ». Et de donner comme grand objectif à sa politique étrangère de promouvoir les droits de l'homme partout dans le monde.

La Realpolitik devient un cynisme difficilement supportable qui va culminer lors de l'accueil du colonel Kadhafi pour une visite d'Etat, contrairement à ce que font tous les pays de l'Union européenne, quelle appréciation portez-vous sur ces dérives ? Cette visite en France est intolérable alors que les tortures en prison sont désormais connues de tous.

Pouvoir d'achat

Parmi les annonces faites, je remarque que Nicolas Sarkozy a repris nombre de propositions que j'avais faites pendant la campagne :

la réforme de l'indice des prix,

le bouclier logement et les cautions,

la taxation des compagnies pétrolières pour baisser le coût de l'énergie (alors que jeudi dernier il affirmait que ce n'était pas possible à cause des risques de délocalisation !).

mais il reprend d'une main ce qu'il donne de l'autre : le doublement de l'aide à la cuve + 75 euros sera repris par la redevance télé à laquelle les personnes âgées vont être assujetties (+ 116,50 euros).

Quand Nicolas Sarkozy récupère le travail des entreprises françaises : l'imposture !

A chaque visite, ses soi-disant milliards de contrats. Comme si son seul déplacement était à l'origine de ces contrats alors même que la plupart de ces contrats étaient déjà signés. A ce compte là, il peut faire le tour du monde, partout où les entreprises sont présentes !

Mais pas un mot sur les délocalisations qui s'accélèrent. Depuis quelques jours, les grandes entreprises annoncent qu'elles envisagent des délocalisations :

Airbus qui a annoncé qu'il veut produire en zone dollar ;

Dassault qui lui emboîte le pas dimanche ;

Alstom aujourd'hui

Quelles actions et quelle riposte de Nicolas Sarkozy à ces délocalisations ? Peut-on sérieusement s'attribuer des contrats et pas les délocalisations qui sont d'ailleurs intégrées dans certains contrats ?

Il faut de la clarté et de la vérité.


Signature Ségolène Royal


Ségolène Royal invitée de Jean Michel Apathie sur RTL

Royal-RTL.jpgSégolène Royal présente son récit de Campagne "Ma plus belle histoire c'est vous".


Ségolène Royal rappelle que la campagne, dont elle donne sa vision personnelle dans son ouvrage, est un évènement partagé par tous les Français « c'est celle aussi de tous les Français, ceux qui ont voté pour moi comme ceux qui n'ont pas voté pour moi. C'est maintenant un morceau d'Histoire de France. »


Interrogée sur sa volonté de nommer Fraçois Bayrou à Matignon si elle était élue, Ségolène Royal répond : « converger avec d'autres responsables politiques avec lesquels on a un certain nombre de points communs, un certain nombre d'ailleurs -ça s'est vu dans le débat qui nous a, non pas opposé, mais au cours duquel nous avons dialogué, je pense de façon constructive- c'est le sens même d'un vrai élargissement politique de la construction d'une majorité dans un pays »

Elle poursuit « C'est ça la mutation politique et l'imagination politique, et la nécessité de prendre le meilleur dès lors qu'on partage un certain nombre de valeurs démocratiques, le meilleur dans chaque courant politique non pas par des débauchages individuels mais par des constructions de valeurs au service du pays. Et cette proposition-là, elle n'était pas improvisée comme je l'ai lue ici ou là. Ce rendez-vous était prévu. Je l'avais proposé à François Bayrou ...qui l'avait accepté. Il avait lieu chez lui. Il était tard parce que je sortais d'une réunion publique (nous sommes en campagne électorale à ce moment-là) et au dernier moment, François Bayrou a changé d'avis. C'est aussi sa liberté. »

Ségolène Royal affirme que les attaques contre les Socialistes sont un peu caricaturales « Les Socialistes parlent. Ils font leur travail à l'assemblée nationale ; et en même temps, je crois qu'il faut qu'ils répondent avec beaucoup plus de précisions aux préoccupations actuelles des Français. De quoi me parlent-ils, les gens que je rencontre maintenant ? Du Pouvoir d'Achat. »

Elle évoque ensuite ce qui coûte cher aux ménages Français :

« L'alimentation. Moi je demande que l'on regarde aussi ce que l'on peut faire du côté de la baisse de la TVA et de la libéralisation des lois sur le commerce pour faire baisser les prix alimentaires qui coûtent à peu près 10% plus chers en France que dans les autres pays européens parce qu'il y a des lois qui protègent les hypermarchés et les grandes surfaces en France. »

Elle évoque enfin « La question du Logement. J'observe que Nicolas Sarkozy reprend l'une de mes propositions, et c'est tant mieux, sur la question de la suppression des deux mois de caution. Que ne l'a-t-il fait depuis six mois ! C'est-à-dire qu'on voit, aujourd'hui, finalement dans cette Politique un peu improvisée, un Nicolas Sarkozy qui se comporte en pompier, qui maintenant improvise un certain nombre de mesures : tant mieux ! Mieux vaut tard que jamais ! Mais pourquoi tant de temps perdu sur des mesures de bon sens que j'avais avancées dans ma Campagne et qu'il avait moquées. »




Mardi 4 décembre 2007


"Je vais m'engager avec passion dans la rénovation des idées du Parti socialiste pour préparer l'alternance"

 
royal-ppda-tf1.jpgSégolène Royal sur TF1

Ségolène Royal était sur TF1 mardi 4 décembre et veut s'engager "avec passion" dans la rénovation des idées au sein et au-delà du Parti socialiste afin de préparer l'alternance en France. "Je vais m'engager complètement, pleinement, avec passion, dans la rénovation des idées du Parti socialiste, mais au-delà aussi, avec cette nécessité de faire converger toutes les forces de progrès pour préparer l'alternance".




Ségolène Royal était lundi l'invitée du débat organisé par Le Monde

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sur le thème "La gauche : comment sortir de l'impasse ?"

Vous pouvez lire sur le site du LeMonde.fr un compte-rendu de cette intervention




Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d'Avenir

 

JeanPierreMignard.jpgsur France Info


Raphaelle DUCHEMIN


Bonjour Jean Pierre MIGNARD.

Jean Pierre MIGNARD

Bonjour.

Raphaelle DUCHEMIN

Président de Désir d'avenir. Si vous êtes avec nous, c'est pour parler notamment du livre de Ségolène ROYAL. Il sort aujourd'hui ce livre. C'est quoi, c'est la phase un de la reconquête ?

Jean Pierre MIGNARD

C'est à la fois le bilan qu'elle dresse de sa campagne, c'est-à-dire de ce qui a marché, de ce qui n'a pas marché. Elle le fait avec je pense aussi beaucoup d'humour et puis de gravité. La reconquête oui, c'est en tous cas un acte politique évident de la part de cette femme qui est très présente dans la vie publique et qui, je crois, affirme avec honnêteté son intention d'y rester.

Raphaelle DUCHEMIN

On l'a beaucoup vue sur la scène internationale depuis les élections, notamment en Argentine, en Italie. On l'a moins vue en France. Est-ce que c'est peut-être le premier pas vers 2012 avec la sortie de ce livre ?

Jean Pierre MIGNARD

Oui c'est exact qu'elle a été beaucoup invitée, que ce soit en Amérique du Sud, que ce soit en Europe. Je l'ai accompagnée une ou deux fois. D'ailleurs je me suis rendu compte de la notoriété, de la sympathie qu'elle rencontrait à l'extérieur. Et notamment auprès de beaucoup de dirigeants ou d'anciens dirigeants. Donc ça c'est tout à fait important. Et en effet ce livre marque la volonté de dire aux Français, voilà ce que j'ai envie de faire avec vous, voilà mon histoire avec vous parce que c'est sa plus belle histoire, c'est les Français.

Raphaelle DUCHEMIN

Alors justement ça s'appelle « Ma plus belle histoire c'est vous », est-ce qu'on va pas la taxer encore de démagogie ?

Jean Pierre MIGNARD

Non je crois que ce n'est pas, je pense qu'un dirigeant politique ou une dirigeante politique dans une démocratie, s'adresse à son peuple en disant ma plus belle histoire c'est vous, écoutez je trouve que c'est plutôt bien, c'est plutôt, après tout mettre du cœur et mettre de l'émotion dans une relation politique avec ses concitoyens, je pense que personne ne peut y voir là maldonne.

Raphaelle DUCHEMIN

Elle y règle quand même quelques comptes, notamment avec les éléphants du PS. Pourtant depuis, elle a retissé un petit peu les liens avec certains de ses amis ou de ses ex amis. Je pense par exemple à Jean Pierre JOUYET.

Jean Pierre MIGNARD

Oui c'est exact. Je pense qu'elle n'a pas été considérée par un certain nombre de dirigeants historiques du Parti socialiste comme elle aurait du l'être. Peut-être parce que les gens se sont aussi habitués, je dirais, à des castings où on est programmé, on est des prototypes et qu'elle ne figurait pas parmi ceux-la. Je pense que ce qui est important surtout c'est l'avenir du Parti socialiste, c'est l'avenir de la gauche, c'est l'avenir de l'opposition dans notre démocratie. Je pense qu'elle a quand même, il y a toute une série de petits cailloux de Ségolène ROYAL pendant cette campagne. Je veux dire, on voit bien aujourd'hui qu'elle peut, peut-être, être en effet cette dirigeante qui à la fois transformera, aidera à transformer le Parti socialiste, de toutes façons ce sera un travail collectif, qui demandera l'adhésion de tous. Et puis qui à la fois s'adresse aux alter mondialistes, s'adresse à l'extrême gauche, s'adresse au Centre pour effectivement créer une grande coalition qui pourra un jour être victorieuse en France.

Raphaelle DUCHEMIN

Mais alors elle parle de dépassement. Elle était, hier soir, invitée par LE MONDE. Il y avait un colloque qui se tenait sur « Comment sortir la gauche de l'impasse ». Son ambition c'est justement aujourd'hui d'arriver à ramener le Centre et la gauche dans une même grande formation ? C'est encore possible ? C'était son but d'ailleurs pendant la campagne avec cet appel du pied à François BAYROU.

Jean Pierre MIGNARD

Oui d'une certaine manière c'est vrai. Et c'était double d'ailleurs. C'était un appel du pied à François BAYROU et puis c'était…

Raphaelle DUCHEMIN

Plus qu'un appel du pied même puisqu'elle avait proposé Matignon aussi.

Jean Pierre MIGNARD

Plus qu'un appel. C'est exact, d'ailleurs elle l'assume, ça c'est bien. Et deuxièmement c'était une mission proposée à José BOVE. Donc c'est prendre en considération que François MITTERRAND avait reconstruit la gauche, notamment avec la création du Parti socialiste, le congrès d'Epinay. C'est de prendre acte qu'un cycle politique et historique s'est achevé et c'est elle qui propose effectivement, à terme, une grande coalition comme d'ailleurs il en existe dans beaucoup de pays d'Europe où il est très rare que la gauche gouverne seule. Elle gouverne souvent avec des coalitions.

Raphaelle DUCHEMIN

Est-ce que c'est ça ou est-ce que c'est aussi, de nouveau, jeter de l'huile sur le feu, ou semer la zizanie dans un parti qui a du mal à, justement, se refonder aujourd'hui ?

Jean Pierre MIGNARD

Non et je pense que le Parti socialiste, elle aidera le Parti socialiste à se remettre en mouvement. Pour l'instant il est assez immobile. Ce n'est pas qu'il ne dit rien, ce n'est pas qu'il ne travaille pas, c'est injuste de dire ça mais en tous cas, elle va le remettre en mouvement. Et puis c'est très bien qu'il y ait cette discussion à l'intérieur du Parti socialiste. Avec qui prétendons-nous gouverner la France ? Comment ? Sur quel projet ? Et ceci devant tous les citoyens réunis, c'est un bel exercice démocratique. Moi je suis convaincu que le Parti socialiste sera d'autant plus fort qu'il sera constamment en mouvement. Quand il est immobile, quand il est statique, il est menacé, il est faible. Alors elle le remet en mouvement.

Raphaelle DUCHEMIN

Jean Pierre MIGNARD, vous êtes président désormais de Désir d'avenir. On a vu que la grogne montait quand même chez certains militants de Désir d'avenir. Il y a peut-être un peu moins de désir pour Ségolène ROYAL. Certains disent aujourd'hui, on est en train de tourner à l'idolâtrie.

Jean Pierre MIGNARD

Non je crois, justement je pense que le livre comme les perspectives qu'elle ouvre, je ne sais pas si il y a une idolâtrie, mais en tous cas le débat il est vraiment très politique parce que savoir quel type de nouveau parti nous faisons, comment les citoyens sont associés par exemple, est-ce que le futur candidat de la gauche ou de cette grande coalition à l'élection présidentielle, est-ce qu'il sera simplement désigné par un parti ou est-ce que comme en Italie ou aux Etats-Unis, il sera désigné par tous les électeurs qui se reconnaissent dans ce parti ? Est-ce que des millions de gens vont être associés à la désignation d'un candidat ? Voilà le type de débat que nous avons. Est-ce qu'on participe à une grande coalition qui va des alter mondialistes où il y a le Centre et bien sûr le Parti socialiste en force centrale ? Vous savez là on est rentré vraiment dans la politique et dans ce qu'elle a de plus juste et de plus noble.

Raphaelle DUCHEMIN

Dernière question Jean Pierre MIGNARD, vous êtes aussi l'avocat des familles des victimes de Villiers le Bel. Aujourd'hui l'apaisement est revenu véritablement, depuis l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire ?

Jean Pierre MIGNARD

Oui je crois. Je crois que l'apaisement est revenu et je pense que la première leçon, je ne vais pas commenter l'information judiciaire puisqu'elle ne fait que commencer. Je regrette d'ailleurs que le directeur général de la Police nationale ait rendu sa décision avant même que l'information ait commencé. Je pense que ce n'est pas la bonne méthode mais je pense que nous avons demandé une information judiciaire. Le président de la République au bout de trois jours, s'est prononcé en faveur et j'ai dit tout de suite que c'était une décision juste. Je vais vous faire une toute petite confidence. Je crois que dans les quartiers comme il y a un long contentieux entre les jeunes, entre la police et sur ce point je ne vais pas, on n'a pas le temps de dire qui a tort, qui a raison, il faut systématiquement choisir la voie de la justice maximale. C'est-à-dire systématiquement désigner des juges d'instruction pour tordre le cou à la rumeur. Les jeunes ont besoin de justice, les policiers ont besoin de sécurité. Choisissons toujours la voie de la justice maximale.

Raphaelle DUCHEMIN

Et vous pensez, ce sera le mot de la fin, que quel que soit l'aboutissement de cette enquête, cette situation de calme sera pérenne ?

Jean Pierre MIGNARD

Oui. Je vais vous dire d'abord parce que les familles ont accès au dossier et puis je vais vous dire, on sera d'une grande honnêteté. Si nous percevons quelques déloyautés que ce soit dans la conduite de l'information judiciaire, nous le dirons. Et si cette information judiciaire se termine en constatant, je veux dire, la non responsabilité notamment des policiers, nous serons les premiers à la dire. C'est ça la loyauté, c'est ça le calme dans les quartiers et la justice.

Raphaelle DUCHEMIN

Jean Pierre MIGNARD, avocat des familles des victimes à Villiers le Bel et président de Désir d'avenir était en direct avec nous ce matin, sur FRANCE INFO.

 




Samedi 1er décembre 2007

Message sur mon livre à paraître


DDA A la une

 

 

"Ma plus belle histoire, C'EST VOUS", Editions Grasset


Chères amies, chers amis et membres de Désirs d'Avenir, Comme vous le savez je publie le livre récit de la campagne "Ma plus belle histoire, c'est vous" en début de semaine. Vous qui restez fidèle à Désirs d'Avenir, je vous envoie en premier les raisons pour lesquelles j'ai écrit le livre ainsi que la table des matières. Nous aurons l'occasion d'en débattre sur le site. Bien fidèlement, Ségolène Royal

Ce que j’ai à vous dire

Je dois cette réflexion à toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait confiance, dont j’ai porté les espoirs et qui ont souffert de la défaite. Mais aussi à tous les autres qui ont glissé dans l’urne un autre bulletin que le mien . C’est aussi une façon de se tourner résolument vers l’avenir avec une détermination retrouvée. Sans nostalgie mais sans oubli.

Cette histoire que nous avons vécue ensemble ne m’appartient pas. Elle est inscrite désormais dans l’histoire de notre pays, elle appartient à tous les Français qui l’ont écrite, c’est-à-dire non seulement aux dix-sept millions d’électeurs qui ont espéré ma victoire mais aussi à tous les autres qui ont participé à ce formidable instant démocratique. J’en veux pour preuve l’exceptionnelle participation électorale dans un contexte de doute profond à l’égard de la politique.

Je crois qu’il était nécessaire – et cela m’a été demandé, d’ailleurs, de toutes parts – de tirer des leçons pour l’avenir, de transmettre ce que j’ai compris du pays pendant cette période.

Je crois que livrer cette réflexion peut servir à ceux qui gouvernent comme à ceux qui s’opposent – à ceux qui ont des certitudes comme à ceux qui n’en ont pas.

Il y a eu au cours de cette campagne une mobilisation inouïe des Français, des débats intenses dans tout le pays, y compris sur les l ieux de travail, devan t les distributeurs à café, au coeur des familles toutes générations confondues, dans les cours de récréation, etc. Finalement, une forme de réhabilitation du débat public. Des milliers d’interrogations ont été posées, des questions simples et d’autres complexes, et même des sujets qui cherchent aujourd’hui encore leur réponse : la juste répartition des richesses, les effets de la mondialisation, la valeur du travail, la nation, le vivre ensemble, l’avenir de la France, et bien d’autres. L’exercice auquel je me livre aujourd’hui répond, bien sûr, à une démarche personnelle puisque je donnerai mon éclairage, mon point de vue. Il n’a pas vocation à être totalement exhaustif mais c’est un témoignage fait de franchise, d’honnêteté, de probité. Mais je le conçois, aussi, comme une contribution à la construction des victoires f utures de la gauche au service de la réussite du pays. On me dira que je suis juge et partie ? Non, car ce n’est pas moi qui rends le verdict.


TABLE

I Ce que j’ai à vous dire

Pourquoi ce récit ?
Je ne suis ni Jeanne d’Arc ni la Vierge Marie
Peuple de France
Résilience

II Le parcours de la combattante

Scène de campagne : Michel Rocard, visiteur de l’après-midi
Une femme debout (« Roun fanm dibout », comme on m’a dit outre-mer)
L’amertume des éléphants
La montée en puissance
Thomas et la ségosphère
Second tour – La défaite
Les difficultés avec la presse
Histoire véridique des bourdes qui n’en étaient pas
Jurys citoyens : je persiste et je signe
Nucléaire iranien : l’incompétence des compétents
Liban : l’intox monte d’un cran
Bravitude et chinoiseries
Lauriers à la Justice chinoise ? L’infâme contrevérité
Guadeloupe : elle veut casser la République
Le débat interne : fausse bonne idée et vraie répétition générale
La paille et la poutre
Sur la politique étrangère : deux poids, deux mesures
La cohérence des valeurs
Galerie de portraits
Scène de campagne : les embarras de François Bayrou
Les Gracques 40

III La machine de l’adversaire : l’argent, les médias et les sondages

Premières alertes
La technique du vacarme
« Fleur de bouse »
Avec cette élection, un seuil a été franchi
Trappage à La Tribune
Censure à Métrobus
Quimperlé : cachez ce fonds que je ne saurais voir
Elle perd ses nerfs
C’est pas moi, c’est les juges !
L’avènement du « clefs en main »
Amis et patrons de presse : le verrouillage médiatique
Présomption d’uniformité
Un net penchant pour l’immixtion
Des livres qui dérangent
Sondage, mon beau sondage
Sondages encore : ni addiction, ni diabolisation
Sondages, fin : le poids des écarts
Pas hors jeu : dans le jeu !
Quand les réponses sont dans les questions
Un vrai travail de pro
On n’est jamais si bien servi que par les siens

IV L’autre moitié du ciel : candidate mais femme

Être une femme candidate, c’est pas si facile
L’intruse
Du genre en politique
Je ne suis pas macho : ma femme est féministe !
Talons aiguilles
Big Mother et les dames sécateurs
Par le coeur et la raison, civiliser l’avenir
Rien ne sera plus comme avant
D’un plafond de verre, l’autre
Une République inachevée
Caissières en sursis
Précarité : les femmes d’abord
Travailler plus pour gagner moins
Déverrouiller, c’est possible
Osons la mixité dans nos têtes !
Le cumul des mandats contre la parité
Un combat émancipateur de tous
Le vote des femmes en 2007
Ma femme me harcèle pour que je te soutienne !
La proximité
Effet de genre ou effet de génération ?
Les comportements électoraux se rapprochent
Parité pour les unes, transgression pour les autres
Des électorats féminins contrastés
Pas de survote féminin
Elles ont poussé les premières portes
Qui doit changer : le pouvoir ou les femmes ?

V Dernières réponses pour tourner la page et regarder l’horizon

Chapeau les hommes !
Elle l’a fait quand même ?
Le procès en illégitimité ?
Dompteuse d’éléphants ?
Garde-moi de mes ennemis, je me charge de mes amis
Sur un air d’improvisation
Tout a commencé sur une phrase
Mes combats de toujours
La prochaine fois
La démocratie participative ?
Une étrange défaite

Une histoire d’amour et de raison inachevée

Annexe
 

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