affiche-PS.jpg Les Romains, lors des grandes étapes de la vie, honoraient Janus, dieu au double visage, dieu de la fin et du commencement. Au-delà de toute croyance, mais plus que jamais attachés aux idéaux de justice et de liberté, c'est bien dans l'esprit du changement que les socialistes doivent entamer cette nouvelle année.

Cependant, le PS semble encore hésiter aujourd'hui entre deux visages.

En effet, la fin de l'année 2007 et le début de l'année 2008 montrent que le passage de l'ancien au nouveau est difficile au parti socialiste. Certains ne voudraient sans doute pas finir et empêcheraient bien les autres de commencer, ou de continuer. Les capacités de résistance à l'évolution, souvent motivées par de savants calculs politiciens, semblent aussi fortes que le besoin de changement, évident après l'accumulation de défaites aux élections nationales.

 

La diversité et la persistance des critiques suscitées par Ségolène Royal suffisent à démontrer la place qu'elle occupe aujourd'hui dans le parti. Il suffit qu'elle annonce son intention de poursuivre sa démarche afin de conduire le parti dans la rénovation pour que les ambitions déçues et les attentismes stratégiques crient au hold-up.

 

Faudrait-il donc attendre encore quelques mois, quelques années, pour être assurés de donner à nouveau aux Français le spectacle des joutes éléphantesques quand viendra l'heure de la désignation d'un leader ? Faut-il encore repousser la transformation du vieux PS en un parti de masse, moderne et imaginatif ?

 

Le changement est aujourd'hui une exigence pour un parti qui a négligé l'élaboration d'un nouveau projet de société, qui s'est discrédité en conduisant une politique éloignée de ses discours et en se détachant des couches populaires.

 

Parti d'élus installés et attachés à leurs fiefs comme à des schémas de pensée obsolètes, le vieux PS est ce parti qui se félicite d'avoir si bien sauvé les meubles lors des législatives de 2007, qu'il a pourtant perdues. C'est ce parti qui a certes remporté des victoires brillantes aux élections régionales, mais qui ne gagne plus les élections nationales car il est incapable d'enthousiasmer les
Français, de leur donner l'espoir d'une vie meilleure et plus sûre. C'est ce parti qui conduit d'excellentes politiques locales, fondées sur l'égalité, le progrès et le pragmatisme, mais qui n'a plus d'offre politique à la mesure des attentes du pays.

 

Malgré ce parti où l'on est tellement attaché à des idéaux que l'on oublie de réfléchir aux moyens d'améliorer la vie des plus faibles, Ségolène Royal est arrivée au second tour de l'élection présidentielle. Elle n'a eu que quelques semaines pour commencer à exposer aux Français une nouvelle approche de la politique. Ce n'était pas suffisant pour leur offrir un nouveau projet de société.

 

Le succès de la droite en 2007 nous montre qu'il faut plusieurs années pour préparer des élections nationales. La reconquête doit donc commencer dès 2008 pour le parti socialiste. Nous aurons bien besoin des quatre prochaines années pour rajeunir et transformer le parti, pour entendre les aspirations des Français et construire un projet. La désignation d'un leader dès cette année ne ferait qu'apporter de la cohérence à cette vaste entreprise.

Par Solon - Recommander - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
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