Quand Sarkozy perd le mode d'emploi : la loi des séries

Publié le par Laurent Neumann, directeur de la rédaction de Marianne

L'annonce de candidature de Sarkozy a fait un flop monumental.


Jusqu'ici, il n'y pensait que le matin, en se rasant. On doit donc en déduire que, désormais, il y pensera jour et nuit ! Depuis mercredi soir, Nicolas Sarkozy est en effet officiellement candidat à la candidature UMP. Candidat tout court, en vérité, car si primaires il y a, ce sera pour la galerie. L'affaire est entendue : l'UMP veut Sarkozy et personne d'autre. Lui seul est en mesure, aujourd'hui, de faire gagner son camp. Les autres, s'ils se présentaient face à lui, feraient office de faire-valoir.


Seulement voilà, son annonce de candidature, sacrément bien troussée pourtant, a fait un flop monumental. Et de la part d'un cador de la communication politique, la chose est pour le moins étrange.
1) L'idée d'envoyer la même interview à 60 quotidiens régionaux était la fausse-bonne idée par excellence. Ah si Poutine avait fait ça, que n'aurait-on pas dit et écrit ! En plus, manque de bol, le « scoop » était éventé dès la veille. Donc flop.
2) Au moment même où il faisait cette annonce, Ségolène Royal, elle, s'envolait pour le Liban. Inutile de dire que ce voyage est autrement plus important que le secret de Polichinelle de Sarkozy. Donc re-flop.
3) Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, voilà qu'au lendemain même de cette annonce de candidature, Le Figaro Magazine publie un sondage terrible pour le ministre de l'Intérieur : 61% d'opinions favorables pour Royal (+6), 48% pour Sarkozy (-2). Ce dernier recule à gauche - preuve qu'il ne mobilise toujours pas au-delà de son camp ; il recule chez les femmes - preuve que l'effet Royal fonctionne à plein ; il recule aussi, et c'est plus grave, à droite (- 3 points à l'UMP et -8 points au Front national).

En vérité, depuis le lancement de la campagne interne au PS, tout se passe comme si Nicolas Sarkozy avait perdu le mode d'emploi. En boxe, on dirait qu'il manque d'allonge. Le patron de l'UMP est indiscutablement un bon puncheur, mais son adversaire possède un bien meilleur jeu de jambes. Elle n'est jamais là où il l'attend. La question est de savoir si elle tiendra le rythme jusqu'au dernier round.

Publié dans Divers

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