Ségolène Royal n'a pas commis de faute au Liban

Publié le par Jean-François Goulon

L'équipe politique du challenger de Ségolène à la présidentielle du printemps prochain est bien prompte à se déchaîner et à raconter n'importe quoi. François Fillon devrait tourner sept fois la langue dans sa bouche avant d'user bêtement sa salive.

En quoi consisterait la faute " lourde " de Madame Ségolène Royal ?

Premièrement, selon ce dictateur de la pensée, d'avoir rencontré un responsable politique du Hezbollah, député à l'Assemblée Libanaise, Ali Ammar, lors d'un dîner donné en l'honneur de la candidate socialiste. Que Roger Cuckierman, le président du CRIF, dont on connaît les excès, s'en prenne directement à la candidate, ne peut nous étonner ! Mais que Fillon s'en fasse le porte-parole, il y a de quoi être effrayé par la candidature de Sarkozy.

Lorsque Fillon nous parle des Etats-Unis et d'Israël comme étant les amis de la France, il faut comprendre : George Bush et Ehoud Olmert, qui sont les amis de Nicolas Sarkozy. Pour ces gens-là, on ne dialogue jamais avec nos ennemis. On connaît la suite : la guerre perpétuelle.

Deuxièmement, le député libanais Ali Ammar aurait dit lors de ce dîner qu'Israël se comporte en Palestine comme les nazis se sont comportés dans la France occupée. Madame Royal n'a pas entendu ces propos, pas plus que l'ambassadeur de France au Liban, représentant de l'Etat français.

Il est temps que Sarko quitte le gouvernement, car la campagne électorale qu'il nous prépare est incompatible avec l'esprit républicain. C'est à Chirac de réagir avec vigueur et d'exiger sa démission.

Revenons un instant sur les propos qui auraient été prêtés à Monsieur Ali Ammar. Peut-on comparer Israël avec les nazis ? Ce débat qui mériterait d'être ouvert — la récente guerre au Liban a fait plus de morts qu'Oradour-sur-Glane, même si la barbarie n'est pas comparable. Toutefois, Israël a délibérément mitraillé des convois de civils, composés en grande partie de femmes et d'enfants. Israël a utilisé des bombes au phosphore contre des civils. Israël a même peut-être testé une nouvelle arme à l'uranium enrichi - une mini bombe nucléaire - selon les laboratoires de l'armée britannique. Israël a permis à un "facho", Avigdor Lieberman, d'accéder au poste de vice-Premier ministre d'Israël. Celui-ci prône la "déportation" des Arabes et la pureté hébraïque du peuple d'Israël. La politique israélienne d'Apartheid vis-à-vis des Arabes est plus que contestable et les "bantoustans" de Cisjordanie peuvent certainement être comparés à des camps de concentration, même si les données ne sont pas celles de l'Allemagne Nazie.

Madame Royal a le mérite de placer la campagne socialiste sur le terrain de l'ouverture au Proche-Orient en montrant sa détermination à rencontrer ceux qui ont été démocratiquement élus par leurs peuples. Cela ne veut pas dire qu'elle adhère aux opinions des uns ou des autres. Bien au contraire, pour elle, la France n'a pas à s'immiscer dans ces opinions. La France doit rester un modèle de vertu démocratique, ce qui manque grandement aux amis de Monsieur Nicolas Sarkozy.
Allons un peu plus loin. Le conseiller de Madame Royal pour le Proche-Orient n'est autre que Julien Dray, connu pour sa défense sans faille du sionisme (de gauche). Ce dernier l'a bien sûr accompagnée dans sa visite au Proche-Orient et n'a jamais été très loin de la candidate socialiste. C'est là que le bât blesse : Sarkozy et consorts (notamment les anciens d'Occident, groupuscule fasciste des années 70) défendent le sionisme de droite, celui de Benyamin Netanyahou. En insistant pour s'afficher avec George Bush lors de son voyage en septembre aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a clairement fait comprendre quels sont ses amis. "Call me Sarkozy, the American…", avait-il déclaré à New York.

Bien sûr, on peut faire quelques reproches à Ségolène Royal. Puisqu'elle annonce son désir de rencontrer ceux qui ont été démocratiquement élus, elle aurait pu rendre aussi visite, lors de son passage à Gaza, à Ismail Haniyeh, l'actuel Premier ministre de l'Autorité Palestinienne, puisque le Hamas a été démocratiquement élu.

Pour ceux qui se réclament des idées du Général de Gaulle, qui a intégré toutes les forces de la résistance (des terroristes pour les Nazis) dans le gouvernement de la Libération, le Hamas et le Hezbollah n'ont bien sûr rien à voir...

Que l'on ne se trompe pas de combat ! Certes, Ségolène n'est peut-être pas (encore) une flèche en politique étrangère, mais Sarkozy ressemble de plus en plus à Laval.

Publié dans Divers

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