Le PS entre en campagne

Publié le par Clicanoo.com - Le Journal de l'île de la Réunion

Galvanisés par l’entrée de leur candidate dans la course à l’Élysée, les responsables de la fédération socialiste de La Réunion veulent organiser le débat avec l’ensemble de la population sur leur projet. Celui-ci a pour titre Génération ambition et a été bâti pour défendre un programme pour les prochaines élections, nationales et locales. Chargée de la promotion de ce projet, Ericka Bareigts répond aux questions du JIR.

Vous venez de tirer à 5 000 exemplaires une brochure intitulée Génération ambition qui présente le projet socialiste pour La Réunion. C’est pour faire campagne pour Ségolène Royal ?

Ce document vaut pour les élections nationales : la présidentielle où nous faisons effectivement campagne en faveur de Ségolène Royal, et les législatives qui suivront. Il vaut aussi pour les prochains scrutins locaux. Le projet politique qu’il présente doit nous engager sur 10 ans. Il ne pourra répondre qu’à 20 % de nos difficultés. Pour le reste, notre projet national s’appliquera à La Réunion comme dans les autres départements de France. L’efficacité politique, on le sait bien, passe par une articulation cohérente de choix pour l’ensemble du pays et des décisions prises localement en fonction des réalités du terrain.

Et alors, ces réalités du terrain, en quoi inspirent-elles votre projet ?

Nous partons d’un constat qui n’est pas tiré du chapeau des socialistes, mais qui s’inspire de diagnostics partagés à partir des travaux d’historiens ainsi que ceux de l’Insee et l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Nous savons le chemin qui a été parcouru depuis la départementalisation et les efforts de rattrapage réalisés grâce à la solidarité nationale et les aides de l’Europe. Ils ont permis les grandes transitions comme la généralisation de l’éducation, la réduction de la mortalité infantile, la distribution de l’eau et de l’électricité pour presque tous ou encore la disparition de la malaria qui faisait tomber les Réunionnais comme des mouches, il n’y a encore pas très longtemps. Maintenant, doit-on considérer que notre société est un exemple ? Le taux de chômage est à combien ? 33 %, 30 %, même 29 % ? Doit-on considérer cela comme exemplaire ? Plus d’un jeune sur deux sans emploi ; une surmortalité par alcoolisme de ces jeunes cinq fois supérieure à la métropole ; un taux de grossesses précoces qui ne baisse pas et 120 000 illettrés : est-ce un exemple ? Nous sommes tous d’accord pour dire que non. Il faut maintenant se demander ce qu’il convient de faire pour que les choses s’améliorent dans le futur. Ce projet est d’apporter des propositions ambitieuses pour que la génération actuelle et la prochaine puissent se projeter dans l’avenir et reprendre espoir. Dans notre monde mondialisé et soumis à une rude concurrence, il faut casser la fatalité de l’exclusion. Pour ça il faut réviser les relations contractuelles entre l’État et La Réunion. Face aux contraintes des DOM, les engagements financiers doivent être révisés à la hausse.”

Si lors des prochains scrutins, une majorité se dégage en faveur des candidats du PS à l’Élysée et à l’Assemblée nationale, quelles sont les premières décisions que vous attendez en faveur de La Réunion ?

Notre projet couvre plusieurs aspects de la société réunionnaise et en cas de victoire socialiste aux prochaines élections, nous engagerons des négociations. Ce qui devrait se faire sans peine car Génération ambition a été intégré par les instances nationales du parti. De mon point de vue, tout découle de l’éducation. Or, il faut savoir que 70 % des enfants de La Réunion n’ont pas les prérequis lors des évaluations de mathématiques en CE2. Comment dans ces conditions être dans un processus de professionnalisation ? D’où notre projet éducatif global qui vise à anticiper les besoins et tenir compte de notre situation dans l’océan Indien. Il est anormal par exemple qu’ici le mandarin ne soit pas enseigné au collège. Nous pensons qu’il faut développer la créativité avec des enseignements qui ouvrent d’autres horizons, améliorent l’estime de soi et donnent confiance à ceux qui veulent développer leur propre activité. Car on sait que bon nombre de chômeurs y aspirent mais qu’aussi 56 % des petites entreprises ne vivent pas au-delà de deux ans. Il ne faut donc pas négliger l’indispensable caractère solidaire de notre politique économique. C’est vrai en terme d’emploi, aussi dans d’autres domaines. Je veux parler d’un secteur que je connais bien celui de la dépendance, notamment celles des personnes âgées. Les familles ne peuvent pas tout assumer au risque d’un grave déséquilibre. De ceux qui y entrent jusqu’à ceux qui la quittent, notre challenge est aux deux limites de la vie.

Propos recueillis par Renaud Guiliani

Publié dans Divers

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