L'association des régions de France réunie à Dijon

Publié le par France 3

La présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, prendra la parole à l'heure du déjeuner après Abou Diouf, secrétaire général de la Francophonie. Au cours de l'après-midi, différents ateliers sont programmés. Demain, le président de l'ARF, Alain Rousset, président de l'Aquitaine, interviendra à l'issue de la 2e plénière devant répondre à la question "Y a-t-il une place pour une politique industrielle régionale ?". C'est le ministre délégué aux Collectivités territoriales, Brice Hortefeux, un proche de Nicolas Sarkozyqui viendra clôturer les débats.


Une loi de régionalisation d'avenir

Au cours des débats, François Patriat, le président de la Bourgogne, entend évoquer les problèmes que rencontrent les régions et lancer l'idée d'une nouvelle loi de décentralisation. Cette "loi de régionalisation d'avenir" prendrait en compte une refonte de la fiscalité mais aussi la création de blocs de compétences selon une formule qui pourrait être adoptée par la candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal. Elle mettrait en place un nouveau transfert des responsabilités de l'Etat central vers les régions qui pourrait se traduire par la régionalisation de la politique de l'investissement et des aides industrielles, mais aussi de la totalité des outils de la politique de l'emploi.

Selon Alain Rousset (PS), le président de l'ARF, "les régions ont acquis une expérience et une créativité extraordinaires dans le domaine de la modernisation industrielle et elles piaffent pour qu'on leur donne enfin les moyens de jouer le rôle de chef de file". "Ne pas le faire, selon lui, c'est se priver de 0,5 à 1% de croissance".


S. Royal: réconcilier l'Etat avec le fait régional


Au cours de son intervention en tant que porte-parole de l'ARF, Ségolène Royal, la candidate socialiste à la présidentielle,a appelé à engager "une nouvelle phase de la régionalisation" qui permette de "réconcilier l'Etat avec le fait régional",en déclarant notamment : "Il faut avoir le courage de réconcilier la dynamique de l'Etat et la créativité territoriale: une des solutions pour sortir de la France du déclin se trouve là". Elle assuré  vouloir faire émerger un "modèle régional" pour la France, en généralisant les réalisations et les expériences qui marchent en région, pour tirer le pays "vers le haut". Evoquant la défiance exprimée par les Français envers la décentralisation dans de récents sondages, la candidate en a rejeté la responsabilité sur "la décentralisation ratée" du gouvernement Raffarin, avec la loi de 2004, qui a "créé du désordre et des inégalités" avant d'ajouter : "Pour autant, il ne faut pas renoncer à engager une nouvelle phase de la décentralisation, de la régionalisation qui va de pair avec un Etat fort", car les régions sont "l'échelon moderne, pertinent pour réussir le changement dans une France responsable et solidaire".

Selon la présidente de la région Poitou-Charentes, cela passe par "un Etat fort qui fixe les règles, assure l'égalité entre les territoires, protège et, en même temps, qui fait confiance aux territoires, libère les énergies, les intelligences, les expériences réussies".

Rappelant les réalisations régionales en matière de transport ou avec les lycées,  Ségolène Royal a appelé à s'appuyer sur les réalisations des régions" pour engager "la future réforme du renforcement de la régionalisation" poursuivant : "Une France des régions existe bel et bien". Cela suppose toutefois que soit mis en place "un ordre territorial juste", c'est-à-dire, notamment, que chaque transfert de responsabilité s'accompagne d'un "transfert de ressources juste" et que soit créé un fonds national pour l'égalité entre les territoires.

Autre condition mise par la candidate : la "clarté dans les responsabilités et l'obligation faite aux régions d'évaluer les politiques publiques et de rendre des comptes aux citoyens".

Pour illustrer son propos, Mme Royal a proposé aux présidents de région de "passer à l'action immédiate" en faisant émerger, à partir des expériences sur le terrain, un "modèle régional pour réconcilier les jeunes et l'avenir".

Ce plan comporte "cinq actions concrètes": "droit d'accès à l'emploi pour tous les jeunes diplômés", permettre à tous les jeunes d'avoir accès à une qualification et à un métier, généraliser les ateliers et les chèques à la création d'entreprises, mais aussi transfert aux régions de la compétence des travaux sur les bâtiments universitaire et du financement des logements pour les jeunes, étudiants ou travailleurs".


A. Diouf : les régions peuvent apporter beaucoup


Intervenant devant l'assemblée générale de l'ARF, Abdou Diouf, le secrétaire général de la Francophonie, a estimé pour sa part que "la francophonie a besoin d'une coopération décentralisée forte".

Pour engager des actions, "l'acteur le plus proche des populations est le plus pertinent", et les régions "peuvent apporter beaucoup", a estimé l'ancien président sénégalais qui a poursuivi en affirmant qu'il faut "oublier l'époque d'une francophonie préhistorique, perçue comme un bastion arrogant". Désormais, les états membres de l'Organisation internationale de la francophonie "s'engagent sur les valeurs d'humanisme, de justice et de solidarité".


Protocole d'accord avec le CNOSF


L'Association des régions de France (ARF) et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) ont signé, le jeudi 14 décembre à Dijon, un protocole d'accord dans lequel ils s'engagent à mieux coordonner leurs actions au service des politiques sportives nationales des fédérations et des habitants.
Ce protocole a été signé, à l'occasion du congrès de l'ARF, par Henri Sérandour, président du CNOSF, et Alain Rousset, président de l'ARF, en présence de Guy Roux, l'ancien entraîneur de l'AJ Auxerre.

Dans ce texte, les deux partenaires s'engagent à mettre en commun leurs savoir-faire sur les politiques sportives en région et à mettre en place des instances de concertation, en ce qui concerne notamment l'accès au sport dès l'âge du lycée, l'aide à la formation de l'encadrement et des dirigeants bénévoles, la structuration du mouvement associatif sportif et le développement sportif équilibré du territoire. Bien qu'elles n'aient aucune compétence obligatoire dans le domaine sportif, les régions consacrent en moyenne 2,19% de leur budget à la pratique sportive, soit 6,27 euros par habitant. L'engagement des régions en faveur du sport est en augmentation depuis 2001: il a augmenté de 44% entre 2001 et 2003, et +8% entre 2003 et 2005.

Publié dans Divers

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