Le PS reviendra sur les baisses d'impôts

Publié le par Reuters

Répondant à Thierry Breton, François Hollande annonce qu'en cas de victoire en 2007, les socialistes abrogeront les avantages fiscaux accordés aux foyers les plus riches. Le premier secrétaire du PS annonce la création d'une "CSG-retraite"

Dans une interview au Monde, daté du 19 décembre, le Premier secrétaire du PS François Hollande réplique au ministre de l'Economie, Thierry Breton, qui propose la retenue à la source de l'impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2009.

Le dirigeant socialiste dénonce la "supercherie électorale" tendant à faire croire à l'approche de l'élection présidentielle que les Français n'auront pas à payer d'impôts en 2008,comme l'a présenté le ministre de l'Economie. 

François Hollande confirme qu'en cas de victoire en 2007, le PS reviendra "sur toutes les baisses d'impôt sur le revenu qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barème", afin de tout remettre "au niveau de 2002". "De même sous supprimerons le bouclier fiscal dont on voit, avec Johnny Hallyday, qu'il ne convainc nullement certains de ses bénéficiaires de ne pas pratiquer l'exil", ajoute-t-il.

Le "bouclier fiscal" mis en place par le gouvernement de Dominique Villepin, qui entrera en vigueur le 1er janvier, limite le total des impôts à 60% des revenus. La décision du chanteur Johnny Hallyday de s'installer en Suisse pour échapper à une imposition qu'il juge trop élevée a relancé le débat sur le départ des grandes fortunes françaises à l'étranger.

François Hollande précise que le PS fera une réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) "qui maintienne la contribution des plus gros patrimoines à l'effort de solidarité" sans pour autant "favoriser l'évasion" fiscale.

Pas de baisse des prélèvements
François Hollande écarte l'idée d'exonérer partiellement la résidence principale de l'ISF, la hausse du prix de l'immobilier constituant "un enrichissement pour ceux qui ont déjà un patrimoine".

Il assure également qu'il n'y aura "pas de baisse du niveau des prélèvements obligatoires" durant la prochaine législature. "Tout candidat qui promettra une baisse des impôts, générale et massive, est soit dans le mensonge, soit dans l'irresponsabilité", affirme le premier sécrétaire du PS et compagnon de Ségolène Royal.

A propos des retraites, le dirigeant socialiste indique que pour ne pas allonger encore les durées de cotisation pour les métiers pénibles, "il faudra créer une contribution de solidarité, calculée sur l'ensemble de la richesse produite et pas seulement sur le travail", une sorte de "CSG-retraite"."Versée pour moitié par les salariés et les entreprises, elle couvrira aussi le risque dépendance", explique-t-il.

Il souligne que les régimes spéciaux "devront évoluer par la négociation" et que les conditions pourront "évoluer pour les personnes nouvellement embauchées qui entrent dans ces régimes". Le PS s'engage également à relever "significativement" les indemnités de licenciement, créant ainsi une "forme de taxe sur les licenciements".

Prié de dire quelle mesure les socialistes comptent prendre pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés, François Hollande répond que leur "première décision" sera "d'ouvrir une conférence sur les salaires"."Nous donnerons une visibilité à la progression du smic, 1 500 euros d'ici à la fin de la législature", dit-il.

Sur la question du logement, François Hollande propose de créer "un service public de la caution qui permette aux foyers en situation de précarité ou d'instabilité de louer ou d'acheter".

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