Exécution de Saddam Hussein : "on répond à la barbarie par la barbarie", dénonce le président d’honneur de la FIDH

Publié le par Al-Oufok

Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), a dénoncé samedi l’exécution par pendaison de l’ancien président irakien Saddam Hussein, estimant qu’avec cette mise à mort, "on répond à la barbarie par la barbarie".

"Quelle que soit la gravité des crimes commis, la peine de mort n’est jamais justifiée et, précisément, je crois que s’est la pire des réponses à apporter aux crimes qu’a commis Saddam Hussein puisqu’on répond à la barbarie par la barbarie", a-t-il réagi sur France Info.

M. Baudouin s’est d’autre part élevé contre "le type de raisonnement qu’on retrouve parfois en France et dans d’autres pays, qui consiste à dire ’je suis contre la peine de mort mais quand il s’agit d’un crime contre un policier ou un enfant je trouve qu’elle devrait être appliquée’".

Il n’est "pas possible" d’adopter cette double attitude, comme l’a fait samedi matin la Grande-Bretagne, souligne le président d’honneur de la FIDH. "La peine de mort est un châtiment barbare contraire à toutes les conventions internationales : aucune juridiction pénale internationale aujourd’hui n’applique ce châtiment et en particulier pas la Cour pénale internationale ; donc elle est en tout état de cause et en tous cas injustifiable."

2 - Exécution de Saddam Hussein : mutisme des autorités et réprobation populaire en Tunisie

Alors qu’aucune réaction officielle n’était enregistrée samedi à la suite de l’exécution de l’ex-président irakien Saddam Hussein, la nouvelle a été accueillie à Tunis avec réprobation par nombre de Tunisiens qui célébraient le jour même la fête musulmane de l’Aïd El Adha (ou Aïd El Kébir).

Indépendamment du personnage sur lequel les avis sont partagés, c’est surtout la date choisie pour l’application de la sentence prononcée contre l’ancien dictateur qui a suscité un sentiment d’amertume chez plusieurs musulmans.

"Je suis loin de porter Saddam dans mon coeur pour les souffrances qu’il a fait endurer à son peuple, mais je perçois cette décision comme une offense aux musulmans", a déploré Naceur B.O, cadre dans une entreprise publique.

"Pourquoi ne pas avoir attendu quelques jours ? Qu’est-ce que ça aurait changé ?", s’interroge-t-il en se disant persuadé que l’exécution a été ordonnée "sciemment" par Washington à un gouvernement irakien "aux ordres".

Dans un communiqué publié la veille de la mise à mort du président irakien déchu, le Parti démocratique progressiste (PDP) a, de son côté, dénoncé "la précipitation de l’administration occupante (américaine) à exécuter ce verdict criminel".

Qualifiant le procès de Saddam Hussein de "mascarade judiciaire", il accuse les auteurs de la sentence d’être animés d’un "esprit de vengeance", en ignorant tous les appels émanant des organisations des droits de l’Homme, des Nations unies, de l’Union européenne, de partis et de personnalités internationales hostiles à la peine de mort.

3 - Exécution de Saddam Hussein : Ségolène Royal exprime un "sentiment de dégoût indéfinissable"

Rappelant son opposition à la peine de mort, Ségolène Royal a exprimé "un sentiment indéfinissable de dégoût" après la pendaison de l’ancien président irakien Saddam Hussein samedi avant l’aube.

"Je suis opposée à la peine de mort, fût-ce pour un dictateur abominable", déclare la candidate socialiste à la présidentielle dans un entretien à paraître dans le "Journal du Dimanche".

"De plus je m’interroge", ajoute Mme Royal. "Quel retentissement profond vont avoir sur une partie de la population irakienne les images de cette exécution diffusées dans le monde entier ?"

"C’est ajouter l’humiliation à la honte", souligne-t-elle. "Il ne faudrait pas que la manipulation de ces images finisse par créer un sentiment de solidarité avec un dictateur dont les actes sont définitivement indéfendables".

4 - Pertes américaines record depuis 2 ans en Irak en décembre

Décembre aura été le mois le plus meurtrier pour les troupes américaines d’occupation en Irak depuis deux ans, avec 109 tués, soit trois de plus qu’en octobre dernier. Le record macabre reste novembre 2004, avec 137 militaires américains tués.

Trois "marines" américains sont décédés jeudi de blessures subies au combat dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak. Un soldat est mort dans l’explosion d’une bombe dans une rue de Bagdad et un autre a péri dans la province d’Anbar vendredi, selon le dernier bilan fourni par l’armée samedi.

En outre, un autre communiqué a annoncé qu’un soldat américain avait été tué vendredi par une bombe dans le sud-ouest de Bagdad.

Cela porte le total à 2.998 soldats américains tués en Irak depuis l’invasion en mars 2003.

5 - Au moins 68 morts dans deux attentats à la bombe en Irak

Au moins 68 Irakiens ont été tués samedi dans des attentats à la bombe. Le plus meurtrier s’est produit dans la ville chiite de Koufa, à 160km au sud de Bagdad, où un minibus piégé a explosé sur un marché de poissons, faisant au moins 31 morts et 58 blessés, selon des responsables hospitaliers.

Dans le nord-ouest de Bagdad, deux voitures piégées garées dans le quartier de Hurriyah, où vivent des sunnites et des chiites, ont explosé successivement tuant 37 civils et en blessant 76, selon la police.

Rien n’indiquait dans l’immédiat que ces attentats, survenus à la veille de la célébration de la fête de l’Aïd el-Kebir pour les chiites d’Irak, étaient liés avec la mort de l’ancien dirigeant irakien Saddam Hussein, pendu avant l’aube samedi.

A Koufa, un homme accusé d’avoir garé le minibus qui a explosé a été cerné et tué par la foule alors qu’il s’éloignait du lieu de l’attentat, selon la police et des témoins. L’attentat a fait au moins 31 morts et 58 blessés, selon Issa Mohammed, directeur de la morgue de la ville voisine de Nadjaf.

L’armée américaine a également annoncé samedi la mort de trois marines et de trois soldats. Les trois marines sont morts de blessures reçues jeudi lors de combats dans la province d’Anbar (ouest). L’un soldat est également mort à Anbar, les deux autres ont été tués par l’explosion d’une bombe dans le nord-ouest de Bagdad.

Ces décès font du mois de décembre le mois le plus meurtrier de l’année pour l’armée américaine, avec un bilan de 109 morts.

6 - Le parti Baas appelle à venger l’exécution de Saddam Hussein

Le parti Baas qui était au pouvoir sous Saddam Hussein a appelé samedi les Irakiens à "frapper sans pitié" les occupants américains et l’Iran chiite pour venger l’exécution de l’ancien président irakien, mais leur a demandé en revanche de ne pas plonger le pays dans une guerre civile.

"Aujourd’hui, c’est votre grand jour. Frappez sans pitié l’ennemi commun en Irak - l’Amérique et l’Iran", lit-on dans un communiqué du parti, diffusé samedi sur un site internet irakien. A l’époque de Saddam Hussein, c’était la minorité sunnite qui dominait la vie politique de l’Irak, alors qu’aujourd’hui les chiites, majoritaires, contrôlent le gouvernement. Certains dirigeants religieux sont revenus en Irak d’exil en Iran, après la chute de Saddam Hussein.

"Adoptez la posture d’honneur que vous méritez, laquelle consiste à venger Saddam Hussein !", lit-on dans le communiqué, dont l’authenticité n’a pas pu être confirmée pour l’instant.

Le parti Baas panarabe, qui a dirigé l’Iran pendant plus de 30 ans jusqu’à la chute de Saddam Hussein en avril 2003, et est aujourd’hui interdit, demande à ses sympathisants d’éviter de causer du tort aux autres Irakiens. "Que votre riposte destructrice consiste à renforcer la guerre sainte contre l’occupation et contre l’Iran", suggère le communiqué.

"Evitez les réactions contre les Irakiens parce que c’est ce qu’attendent l’Iran et l’Amérique - à savoir transformer votre guerre sainte contre l’invasion américano-iranienne en une guerre civile".

7 - Les Algériens partagés entre Aïd el-Kébir et réveillon

Les Algériens sont partagés en cette fin d’année 2006 entre le sacrifice rituel du mouton, à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Kébir, et la célébration du réveillon, deux fêtes qui se chevauchent quasiment.

Si l’Aïd, en souvenir du sacrifice du patriarche d’Abraham, est célébré samedi dans chaque famille algérienne par l’égorgement du mouton, juste après la prière qui se déroule le matin, la soirée du réveillon, considérée comme une fête chrétienne, risque dimanche de se passer dans la discrétion.

En effet, la plupart des hôtels et des restaurants, où les Algérois branchés viennent terminer l’année dans une ambiance festive, n’ont pas prévu de soirée "spécial réveillon". "Pour cette année, nous n’avons rien programmé, faute de demande. Nos clients habituels préfèrent prolonger chez eux en famille la fête de l’Aïd au lieu de venir réveillonner", explique Ben Fodhil Amokrane, directeur d’un hôtel quatre étoiles, l’El Marsa, sur la côte est d’Alger. Le responsable de cet établissement, qui fait chaque soir de réveillon "des recettes records", concède qu’il n’a pas fait de publicité dans la presse, car il juge "inconvenant" de fêter le réveillon le lendemain de l’Aïd.

Certains patrons de restaurant ont invoqué une note du ministère des Affaires religieuses pour justifier la fermeture, le soir du 31 décembre. "Je conteste formellement l’existence d’une telle circulaire. C’est de la pure intox, les Algériens sont libres. Le réveillon est une fête chrétienne, mais Jésus est un prophète cité dans le Coran", dément Mohamed Tamine, directeur au ministère des Affaires religieuses, joint au téléphone par l’Associated Press.

Kamal Boudia, jeune gérant d’une boulangerie à Aïn Taya, petite localité à l’est d’Alger, qui vend chaque 31 décembre entre 500 et 600 bûches et entremets, fait valoir la "contradiction" pour "un bon musulman" de célébrer l’Aïd el-Kébir et, le lendemain, la soirée de réveillon. "Je sais que ça me fait un grand manque à gagner, mais je ne veux pas prendre de risque. On sait jamais ce qui peut arriver avec les intégristes", avoue-t-il

D’autres restaurateurs sont prosaïquement confrontés à un problème de personnel pour justifier la fermeture de leur établissement. "L’Aïd étant une fête familiale et comme la plupart des mes employés habitent loin d’Alger, ils ont préféré rester chez eux au lieu de venir travailler le lendemain, alors que je leur ai proposé de les payer le triple d’une journée ordinaire", se désole de son côté le patron de "La Salamandre", Larbi Oufek.

Cependant, pour ceux qui tiennent à faire "deux en un", c’est-à-dire l’Aïd le 30 et le réveillon le 31, quelques restaurants algérois ont prévu des buffets et des animations.

Le patron de l’Hippopotamus, Hamid Acherir, estime ainsi que finir l’année dans une ambiance de fête est "une manière de prolonger la fêter de l’Aïd sur demande des clients qui ont exprimé le souhait de rééditer l’expérience de l’année dernière, où nous avions fait un réveillon mémorable".

8 - Exécution de Saddam Hussein : réactions de Hollande, Lang et du FN

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a estimé samedi que la mort de Saddam Hussein "ne règlera rien", même s’il était "sans doute le principal responsable de la situation que connaît aujourd’hui son pays".

"Saddam Hussein était un dictateur impitoyable, responsable de crimes immenses contre son propre peuple" et "son procès et sa condamnation s’imposaient", a estimé le numéro un socialiste.

"Mais tous ceux qui militent pour l’abolition universelle de la peine de mort ne peuvent que déplorer son exécution. Elle n’apaisera pas la colère des nombreuses victimes de son régime, elle n’arrêtera pas le cycle des violences en Irak", a ajouté M. Hollande. (Communiqué)

Le député socialiste Jack Lang a fait part samedi de son "désaccord complet sur les conditions dans lesquelles Saddam Hussein a été condamné à mort et exécuté".

Selon lui, "le procès, ordonné par l’occupant américain, a violé les règles élémentaires du droit de la justice pénale internationale" et "n’a porté que sur une fraction de ses actes". "Du coup, conclut-il, on a empêché que la vérité pleine et entière soit faite sur la réalité de l’abominable régime de Saddam Hussein et sur les complicités dont il a parfois bénéficié de la part des puissances occidentales." (Communiqué)

Le Front national a estimé samedi que "l’élimination physique de Saddam Hussein est pire qu’un crime, c’est une faute".

Le FN a affirmé que la pendaison de l’ancien dirigeant irakien est "une faute lourde dont la responsabilité retombera sur le monde occidental considéré par le monde arabe comme l’organisateur de cette justice de vainqueur".

"L’impitoyable blocus américain de plus de dix ans a fait beaucoup plus de morts chez les civils irakiens que n’en a fait Saddam Hussein, qui était l’allié et même l’ami des dirigeants occidentaux", a assuré le FN qui juge qu’"à cet égard, le silence de Jacques Chirac est véritablement assourdissant". (Communiqué)

9 - Réveillon au Liban sud avec les Casques bleus français pour Alliot-Marie

La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a choisi de se rendre au Liban sud pour sa traditionnelle visite de la Saint Sylvestre auprès des troupes françaises déployées à l’étranger. Mme Alliot-Marie passera ainsi le réveillon du Nouvel an avec des soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

Au cours de cette visite de 48 heures qui débute samedi, elle doit également s’entretenir avec des membres du gouvernement libanais, dont son homologue Elias Murr.

"Cette visite de la Saint Sylvestre est avant tout une visite aux troupes mais la ministre entend aussi rappeler le soutien sans faille de la France à la souveraineté et à la stabilité du Liban", explique-t-on dans son entourage.

Paris sera l’hôte le 25 janvier d’une nouvelle conférence des donateurs pour le Liban.

Avec un contingent de quelque 1.600 Casques bleus, la France est le deuxième contributeur de la Finul dont elle assure le commandement. Elle le transmettra dans les prochaines semaines à l’Italie, premier contributeur avec 2.300 soldats, sur un total de 11.000 hommes.

La ministre de la Défense rencontrera le général Alain Pellegrini, commandant en chef de la Finul, qui vient de démentir tout transfert anticipé de ce commandement. Le général français réagissait à des informations de la presse italienne qui faisaient état de "différends" entre lui-même, l’ONU et son état-major.

Avec ses interlocuteurs, la ministre doit également évoquer la question des drones d’observation mis à la disposition de l’ONU par la France. Ces drones de l’armée française, d’ores et déjà présents sur le sol libanais, attendent toujours le feu vert des Nations unies pour être employés par la Finul.

"Nous avons des échos favorables de New York, mais leurs conditions d’emploi doivent encore être affinées", explique l’entourage de Mme Alliot-Marie.

Début décembre, la France s’était dite "disponible" pour les déployer au Liban sud après de nombreux survols de la région par l’aviation israélienne que l’Etat hébreu avait justifiés en invoquant des violations de l’embargo sur les armes prévu par la résolution 1701 de l’Onu.

S’ils sont mis en oeuvre, les drones français pourraient participer à la surveillance d’éventuels trafics d’armes, en particulier sur les frontières syro-libanaise et israélo-libanaise.

Outre les éléments intégrés dans la Finul, la France a maintenu au large des côtes libanaises un bâtiment, en l’espèce la frégate Surcouf. Celle-ci poursuit une mission de surveillance des approches maritimes du pays en complément de la Finul navale, déployée sous commandement allemand.

L’an dernier, Mme Alliot-Marie s’était rendue au large du sultanat d’Oman, à bord du sous-marin nucléaire d’attaque La Perle et de la frégate Courbet, après d’autres réveillons en Afghanistan et en Côte d’Ivoire.

10 - L’exécution de Saddam suscite des réactions très contrastées dans le monde

"Etape importante" vers la démocratie en Irak selon Washington, "nouvelle tragique" pour le Vatican, "assassinat politique" selon le Hamas : la pendaison samedi à Bagdad de Saddam Hussein a suscité des réactions très contrastées dans le monde, plusieurs pays en particulier en Europe rappelant leur opposition de principe à la peine de mort.

WASHINGTON - L’exécution de Saddam Hussein est "une étape importante sur la route de l’Irak vers une démocratie qui peut se gouverner, être autosuffisante et se défendre, et être un allié dans la guerre contre la terreur", a déclaré le président George W. Bush. Elle "marque la fin d’une année difficile pour le peuple irakien et pour nos troupes", a-t-il ajouté.

TEHERAN - L’Iran a salué l’exécution de Saddam Hussein comme une "victoire des Irakiens". "Les Irakiens sont les vainqueurs, comme ils étaient les vainqueurs quand il a perdu le pouvoir", a déclaré Hamid Reza Assefi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

JERUSALEM - Pour Israël, "justice a été faite, a déclaré sous couvert d’anonymat un haut responsable israélien à l’AFP. Nous parlons d’un homme qui a mis le Moyen-Orient à feu et à sang à plusieurs reprises, qui a aussi utilisé des armes chimiques contre son propre peuple et qui est responsable de la mort de plusieurs milliers de personnes."

LONDRES - La ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett, s’exprimant au nom du Premier ministre Tony Blair, a estimé que Saddam Hussein avait "payé", tout en réaffirmant l’opposition de principe de son pays à la peine de mort. "Nous avons clairement fait connaître notre position aux autorités irakiennes, mais nous respectons leur décision en tant qu’Etat souverain", a ajouté Mme Beckett

SYDNEY - L’Australie, bien qu’opposée à la peine capitale, "respecte" la décision des autorités irakiennes et rend hommage à leur "héroisme", a déclaré le Premier ministre conservateur John Howard, indéfectible allié des Etats-Unis, qui a estimé que Saddam Hussein avait bénéficié d’un procès équitable.

TOKYO - Le Japon, autre soutien des Etats-Unis, a dit "respecter" la décision des autorités irakiennes. "Il s’agit d’une décision prise par le nouveau gouvernement de l’Irak conformément à l’état de droit. Nous la respectons", a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères.

SEOUL - Séoul "espère que le gouvernement irakien et la population surmonteront avec sagesse les difficultés actuelles pour atteindre l’harmonie nationale, la stabilité et la reconstruction économique en vue du développement de l’Irak", selon un responsable du ministère des Affaires étrangères de Corée du Sud, troisième force militaire en Irak.

CITE DU VATICAN - L’exécution de Saddam Hussein est une "nouvelle tragique", a estimé le porte-parole du Vatican qui a fermement condamné la mise à mort de l’ancien dictateur en ce qu’elle violait la loi divine et risquait d’alimenter la vengeance.

GAZA - L’exécution de Saddam Hussein est un "assassinat politique" et "viole toutes les lois internationales", a affirmé à l’AFP le porte-parole du mouvement islamiste Hamas Fawzi Barhoum.

TRIPOLI - La Libye a décidé de décréter trois jours de deuil national pour le "prisonnier de guerre Saddam Hussein", a annoncé l’agence officielle Jana.

BRUXELLES - L’Union européenne "condamne les crimes commis par Saddam et aussi la peine de mort", a déclaré Cristina Gallach, porte-parole du Haut représentant de l’UE pour la politique extérieure Javier Solana.

STRASBOURG - Saddam Hussein "était un criminel impitoyable" mais il "ne fallait pas le tuer", a réagi le secrétaire général du Conseil de l’Europe Terry Davis, qui estime que l’Irak a manqué une occasion "de rejoindre le monde civilisé".

STOCKHOLM - "Le fait que la peine de mort à l’encontre de Saddam Hussein ait été appliquée est regrettable. Cela est d’autant plus regrettable qu’elle (son exécution) signifie que la procédure judiciaire (engagée) contre lui ne peut pas être menée à terme", a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangèes Carl Bildt, qui rappelle avoir précédemment demandé que la sentence soit "commuée en prison à vie", la Suède et l’UE refusant la peine capitale "dans tous les cas".

BERLIN - Le gouvernement allemand peut "comprendre" la satisfaction des victimes de la dictature de Saddam Hussein, après l’exécution de l’ex-raïs irakien, mais reste opposé par principe à la peine de mort, "où que ce soit", a déclaré le ministre délégué aux Affaires étrangères Gernot Erler.

PARIS - "La France, qui plaide comme l’ensemble de ses partenaires européens pour l’abolition universelle de la peine de mort, prend acte de l’exécution de Saddam Hussein", a déclaré le ministère des Affaires étrangères. Elle appelle les Irakiens à "regarder vers l’avenir et à travailler à la réconciliation et à l’unité nationale".

MOSCOU - La Russie estime que l’exécution de Saddam Hussein risque d’aggraver la situation en Irak et regrette que les appels internationaux à la clémence aient été ignorés. "L’exécution de Saddam Hussein pourrait conduire à une dégradation de la situation politico-militaire et à une montée des tensions sectaires", selon le ministère russe des Affaires étrangères.

ATHENES - "L’exécution du dictateur Saddam Hussein constitue un nouveau moment dramatique de l’histoire agitée de l’Irak. Nous espérons qu’il sera le dernier", a déclaré la ministre grecque des Affaires Etrangères Dora Bakoyannis, qui rappelle que la Grèce a "comme tous les autres membres de l’Union Européenne aboli la peine de mort".

NEW DELHI - L’Inde, qui entretenait des relations chaleureuses avec l’ancien régime de Saddam Hussein, a condamné un "événement malheureux". "Nous avions déjà formulé l’espoir que l’exécution n’ait pas lieu. Nous sommes déçus", a déploré le ministre des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee.

BAGDAD - "Saddam Hussein était responsable de terribles et nombreuses violations des droits de l’homme, mais ces actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine", a déclaré un responsable de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, Richard Dicker. Il a qualifié le procès de "profondément irrégulier".

KUALA LUMPUR - L’exécution de Saddam Hussein risque d’entraîner un regain des violences en Irak, où le gouvernement doit rapidement restaurer la confiance, a estimé la Malaisie, qui assure la présidence de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).

PEKIN - Conformément à sa ligne de non-ingérence dans les affaires de pays tiers, la Chine qui s’est toujours opposée à l’invasion de l’Irak, n’a pas commenté directement l’exécution. "La Chine espère que l’Irak atteindra rapidement la stabilité et développement", a simplement déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, cité par l’agence Chine Nouvelle.

11 - La France "prend acte" de l’exécution de Saddam Hussein et appelle à la "réconciliation" et "l’unité nationale"

Le ministère français des Affaires étrangères "prend acte de l’exécution de Saddam Hussein", et appelle "tous les Irakiens à travailler à la réconciliation et à l’unité nationale", dans un communiqué diffusé samedi.

Dans son bref communiqué, le ministère rappelle que la France "plaide comme l’ensemble de ses partenaires européens pour l’abolition universelle de la peine de mort", mais prend acte de cette décision qui "appartient au peuple et aux autorités souveraines de l’Irak".

"La France appelle tous les Irakiens à regarder vers l’avenir et à travailler à la réconciliation et à l’unité nationale. Plus que jamais, l’objectif doit être le retour à la pleine souveraineté et à la stabilité de l’Irak", ajoute le communiqué.

12 - Irak : trois Marines américains tués au combat

Trois Marines américains sont morts au combat en Irak, a annoncé vendredi l’armée, ce qui fait de décembre le mois le plus meurtrier dans les rangs américains en 2006, avec 106 soldats tués.

Les trois Marines, qui appartenaient au 5e régiment de combat, sont morts après avoir été blessés jeudi lors de combats dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, a précisé l’armée.

Au moins 2.993 soldats américains ont été tués en Irak depuis le début de l’intervention de la coalition conduite par les Etats-Unis en mars 2003, selon un décompte de l’Associated Press.

Berlusconi considère l’exécution de Saddam Hussein comme "un pas en arrière" et "une erreur politique"

Ardent partisan de l’intervention militaire aux côtés de Washington et Londres, l’ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a pourtant estimé samedi que l’exécution par pendaison de Saddam Hussein constituait "un pas en arrière sur le difficile chemin de l’Irak vers la pleine démocratie",

Tout en reconnaissant à l’ancien raïs irakien le statut de criminel, l’ex-président du Conseil italien à présent chef de l’opposition considère la mise à mort de Saddam Hussein comme "une erreur politique et historique" qui "n’aidera pas l’Irak à tourner la page" de la dictature.

"La civilisation au nom de laquelle mon pays a décidé d’envoyer des soldats en Irak refuse le recours à la peine de mort, même pour un dictateur sanguinaire tel que Saddam", a fait valoir M. Berlusconi, qui avait engagé 3.000 militaires italien dans cette guerre.

Saddam Hussein inhumé dans son village natal d’Ouja

Moins de 24 heures après son exécution, l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein a été inhumé dimanche peu avant l’aube dans le cimetière de son village natal, près des tombes de ses deux fils Oudaï et Qoussaï Hussein, tués à Mossoul lors d’un accrochage avec les forces américaines en juillet 2003, ont rapporté des témoins.

Selon ces témoins, peu de personnes ont assisté à la cérémonie, qui a eu lieu à Ouja, petit village proche de Takrit, le bastion de l’ancien raïs situé à 130 kilomètres au nord de Bagdad.

Saddam Hussein, 69 ans, a été exécuté samedi matin à Bagdad par pendaison. Il avait été condamné à mort pour crimes contre l’humanité commis lors du massacre de 148 chiites à Doujaïl en 1982.

Les autorités irakiennes souhaitaient initialement que l’ancien raïs soit inhumé secrètement dans une tombe anonyme afin de prévenir tout pèlerinage. Mais, selon la chaîne arabe par satellite Al-Arabiya, il en a été décidé autrement après des négociations qui impliquaient le gouvernement, des responsables américains et une délégation comprenant le gouverneur de la province de Salahouddine et le chef du clan des Albou-Nassir auquel appartenait Saddam Hussein.

Le gouverneur de Salahouddine, Hamad Hamoud Chagtti, et cheikh Ali al-Nidaoui, leader du clan de l’ancien président à Ouja, ont organisé le retour de la dépouille mortelle, qui est arrivée dans le village vers 4h du matin dimanche.

Saddam Hussein avait été capturé par les troupes américaines le 13 décembre 2003 alors qu’il se terrait dans le sous-sol d’une ferme des environs. Huit mois plus tôt, il avait fui Bagdad devant l’avancée des forces d’invasion américano-britanniques.

Publié dans Divers

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