La campagne électorale "ne saurait s'exercer au détriment des missions gouvernementales", prévient Jacques Chirac

Publié le par Associated Press


Un engagement dans le débat électoral est "légitime" mais il "ne saurait en aucun cas s'exercer au détriment de votre mission gouvernementale", a lancé mercredi Jacques Chirac à ses ministres, relançant les spéculations sur la date du départ du candidat-ministre Nicolas Sarkozy du gouvernement.



Mercredi matin, le gouvernement au grand complet s'est retrouvé pour un petit-déjeuner au ministère de l'Intérieur, avant de traverser à pied la rue pour se rendre au palais de l'Elysée présenter les voeux pour 2007 au chef de l'Etat.

En retrait, Nicolas Sarkozy a soigneusement évité de marcher aux côtés du Premier ministre Dominique de Villepin, en tête du cortège, quand Jean-Louis Borloo (Cohésion sociale) et Michèle Alliot-Marie (Défense) cheminaient ensemble, à part.

Alors qu'on lui demandait s'il souhaitait être à l'Elysée à la même époque l'an prochain, le candidat à la présidentielle a rétorqué: "quand on a un projet, on préfère que ça réussisse", mais "de toute façon, c'est une nouvelle époque" qui s'ouvre.

Une nouvelle époque électorale entamée dans une ambiance "très amicale et chaleureuse", selon le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. D'emblée, le président Jacques Chirac a néanmoins lancé un avertissement à ceux qui seraient tentés de délaisser leur travail gouvernemental au profit de la campagne. Prendre part au débat électoral est "légitime", mais cela "ne saurait en aucun cas s'exercer au détriment de votre mission gouvernementale".

Défendant le bilan du gouvernement, il a également mis en garde contre la "tentation de la 'table-rase'" qui pourrait l'emporter "sur le respect du travail accompli". Lui-même a confirmé qu'il aurait "l'occasion de (s')exprimer, de fixer les enjeux et d'éclairer le choix des Français". Et "je le ferai en liberté et en responsabilité, guidé par une seule ambition: l'intérêt des Français".

Tenant de la "rupture", y compris souvent avec l'action de Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy s'est certainement senti visé, alors que l'avertissement présidentiel relance les spéculations sur la date de son départ du ministère de l'Intérieur.

Le président de l'UMP avait déclaré fin novembre qu'il quitterait le gouvernement "au moment où la campagne rendra(it) impossible l'exercice de (sa) responsabilité", en tout état de cause après sa désignation le 14 janvier par les adhérents de l'UMP réunis en Congrès. Se présentant comme "le garant de (la) sécurité" des Français, il avait estimé devoir "conduire cette mission jusqu'à la dernière minute".

"Tout est question de capacités et Nicolas Sarkozy en a largement", a déclaré mercredi le ministre délégué aux Collectivités territoriales Brice Hortefeux, interrogé sur RTL sur la difficulté de cumuler candidature présidentielle et poste ministériel.

"Pleinement conscient de ses responsabilités à quelques mois d'échéances majeures", l'équipe gouvernementale "est au travail", a confirmé de son côté Dominique de Villepin en présentant ses voeux à Jacques Chirac. Il a rappelé les "résultats" obtenus en 2006. "Ces acquis majeurs, nous devons en être fiers et les préserver".

Insistant sur l'importance de "l'expérience gouvernementale", il a ajouté vouloir la "partager en toute liberté, avec pour seul souci le service de l'intérêt général et pour seule volonté la victoire de notre majorité". Tout comme Michèle Alliot-Marie, le Premier ministre laisse toujours planer le doute sur une éventuelle candidature à la présidentielle.

"Aujourd'hui nous avons des résultats", a affirmé Renaud Dutreil (PME) dans la cour de l'Elysée. "Il faut continuer dans cette direction et ne pas faire un virage à 180 degrés vers une aventure que (la candidate socialiste) Ségolène Royal aujourd'hui incarne", a-t-il estimé en dénonçant une "grande entreprise de démagogie et d'affabulation".

Jacques Chirac a appelé mercredi ses ministres à demeurer "au travail" dans les prochains mois, leur fixant ses "priorités", à commencer par le droit au logement opposable sur lequel il leur a demandé d'"avancer rapidement". Il a également souhaité l'adoption des projets de loi soumis au Parlement "avant la fin de la législature", mais aussi que l'essentiel des décrets d'application des lois votées soient pris. Car "faire voter une loi n'est pas une fin en soi", a rappelé le président. Pour cela, "un des conseils des ministres du mois de mars sera consacré à faire le bilan du respect, par chacune et chacun d'entre vous, de cette exigence".

Publié dans Divers

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