Ce que voteront les catholiques

Publié le par Matthieu Verrier - Pèlerin.info


L’électorat catholique devrait profiter à François Bayrou, au détriment de Nicolas Sarkozy dont le thème de la rupture pourrait faire peur. Quant à Ségolène Royal, elle devrait séduire certains catholiques habitués à voter à gauche...





 

Tous les chrétiens n'ont pas les mêmes idées politiques


La foi compte-t-elle dans l’isoloir ?
Comme toute « catégorie », sociologique ou religieuse, les catholiques ne votent pas d’une seule voix. Cet électorat qui penche traditionnellement à droite tend à se rééquilibrer depuis une trentaine d’années.


« La gauche est devenue plus acceptable », explique le politologue Jean-Yves Camus*, qui observe que, depuis les années 1970, environ 25 % des Français qui se déclarent catholiques peuvent voter pour les candidats du Parti socialiste. Mais la pratique continue de jouer un rôle déterminant dans le vote.

Ainsi, 74 % des catholiques qui se rendent régulièrement à la messe se tournent vers les candidats de droite. Chez les non-pratiquants, l’équilibre parfait a été atteint en 2002 : 50 % à gauche, 50 % à droite.

En fait, s’il faut trouver un dénominateur commun au vote catholique, c’est la propension de ces électeurs à éviter les extrêmes, de gauche comme de droite.

Ainsi, selon un sondage publié dans La Croix en 2002, 7 % des pratiquants se déclaraient en faveur de Jean-Marie Le Pen, contre 14 % des non-pratiquants, et plus de 17 % pour la moyenne nationale.

Des chiffres sans doute à réévaluer à la lumière des dernieres enquêtes qui montrent que les idées de l’extrême droite progressent dans l’opinion, y compris chez les catholiques. « Reste que les déclarations de l’épiscopat desservent le Front national, d’autant que l’électorat catholique est attaché par tradition au consensus », précise Jean-Marie Donegani, chercheur au Centre d’études de la vie politique française (Cevipof).

François Bayrou séduit les catholiques


Quant aux
préoccupations des catholiques, elles rejoignent celles de l’ensemble de la population, avec peut-être une attention particulière aux questions de justice sociale. « Et les questions de société, telle l’union homosexuelle, sont de moins en moins un critère déterminant pour le vote catholique », estime Jean-Yves Camus.


Dernière question : à qui profitera ce vote ? Le candidat UDF, François Bayrou, trouve une audience légèrement supérieure chez les catholiques par rapport à l’ensemble de la population, et Jean-Yves Camus lui prédit un score en progression pour la prochaine élection, au détriment de son rival de l’UMP.

« Avec le thème de la rupture, Nicolas Sarkozy pourrait faire peur aux catholiques qui sont attachés à la continuité », argumente le politologue. D’où l’importance du signal envoyé à cet électorat par le ralliement de la députée Christine Boutin, qui trouve un fort écho chez les catholiques pratiquants.

La candidate socialiste, Ségolène Royal ne devrait pas avoir trop de mal à rassembler les catholiques habitués à voter pour la gauche. « Elle pourrait même élargir son électorat en jouant sur les valeurs de l’autorité, du travail, de l’éducation et de la famille », prévoit Jean-Yves Camus. On le voit, même chez les catholiques, tous les principaux candidats ont leur chance.    

Photo : C.Simon

Publié dans Divers

Commenter cet article