Portrait : Pascal Faisant, jeune adhérent de 84 ans

Publié le par Marine Batiste - L’hebdo des socialistes n°429

Pascal fait partie des doyens de la vague d’adhésions que l’on vient de connaître. À presque 84 ans, « 83 et demi » précise-t-il, avec un sourire en coin, après s’être toujours senti proche du PS, il a décidé de sauter le pas pour rejoindre la section Jean- Baptiste Clément, dans le 18e arrondissement de Paris. Cet homme, qui se définit comme « banal », s’est engagé pour apporter son soutien à Ségolène Royal parce que « sa personnalité sort de l’ordinaire, elle a une image différente des politiques auxquels nous sommes habitués. »


Ingénieur dans les travaux publics, chef de chantier – il a notamment à son actif la construction du pont de Saint-Nazaire sur l’estuaire de la Loire – tout le temps sur les routes, il s’est senti pendant longtemps loin des milieux politiques. Pour autant, il se revendiquait de gauche. Il reconnaît aujourd’hui que si son métier lui a beaucoup donné, c’est grâce à l’attention qu’il portait aux rapports humains. Les relations étroites qu’il entretenait avec les ouvriers de ses chantiers pour les connaître, les comprendre et mieux les diriger, lui ont souvent permis d’éviter les conflits. Un aspect de son métier qui l’a passionné et qu’il lie à son engagement de gauche. Aujourd’hui,malgré des problèmes de santé qui restreignent sa mobilité, Pascal est un homme heureux, père et grand-père (cinq enfants, six petits-enfants) mais inquiet pour les nouvelles générations. Lui qui avait à peine plus de 20 ans au sortir de la guerre, se souvient de l’enthousiasme qui régnait alors : « À cette époque, on croyait en un avenir, toutes les bonnes volontés recevaient récompense. Aujourd’hui les jeunes n’ont pas d’espoir », se désole-t-il.

Ce regard pessimiste sur l’avenir tranche avec les mots qu’il emploie pour décrire sa propre existence. Après son accident vasculaire cérébral, il y a neuf ans, il s’est battu pour ne pas sombrer et avoue : « Ma vie est tellement belle, j’y tiens, et j’aimerais que les autres puissent avoir les mêmes chances que moi. »

C’est probablement cet esprit combatif qui l’a poussé à rejoindre le PS. Pour lui, Sarkozy incarne un ultralibéralisme qu’il redoute, alors qu’« avec une présidente de gauche solide et pragmatique et un Premier ministre socialiste, même si l’on ne peut pas attendre de miracles, il y aura un véritable changement d’orientation. »


Publié dans Divers

Commenter cet article