Royal arpente la Cité interdite et prend le thé en famille

Publié le par Laure Bretton - Reuters

Ségolène Royal a arpenté dimanche au pas de course la Cité interdite, au coeur de Pékin, avant de rencontrer une association défendant le droit des femmes migrantes et prendre le thé dans une famille.

Après un déjeuner offert par le Parti communiste, la candidate socialiste à la présidentielle a visité les cours successives et multicolores de l'ancien palais impérial en écoutant les explications d'une guide officielle.


En trente minutes, la délégation a traversé de bout en bout le complexe qui s'étend sur plus de 70 hectares, encadré de canaux gelés où des habitants de la capitale faisaient du patin à glace sous le soleil hivernal.


Certaines parties de l'édifice, enserré dans d'immenses murs rouges, datent du XIIIe siècle.


A la demande des photographes, Ségolène Royal a redescendu, toujours emmitouflée dans un manteau blanc, l'un des grands escaliers de pierre encadrés par deux statues de lions.


"Cela m'inspire un proverbe chinois", a-t-elle commenté une fois en bas, devant les caméras. Choeur de journalistes: "Encore!"


"Un coup d'oeil vaut parfois mieux que des centaines de commentaires", a récité la présidente de Poitou-Charentes. "Je pense que dans des lieux comme celui-ci chargés d'histoire, on regarde".


La délégation officielle avait pénétré dans l'ancien palais des dynasties Ming et Qing sans passer par la place Tienamnen, théâtre du "Printemps de Pékin", le mouvement démocratique de 1989 réprimé dans le sang par les autorités chinoises.


Le convoi officiel de Ségolène Royal - huit berlines, sa limousine et les minibus transportant les journalistes - a pénétré directement dans l'enceinte sous les yeux de centaines de touristes en ce dimanche après-midi.


RAVIOLIS ET PORTE-BONHEUR


Aux Chinois qui s'approchaient d'un peu trop près pendant la visite, une flopée de très jeunes policiers en civil, reconnaissables à leurs anoraks gris tous identiques, criaient de s'éloigner.


Dans la matinée, l'ancienne ministre de l'Environnement s'était entretenue avec les responsables de plusieurs associations écologistes.


L'Agence internationale de l'environnement et l'OCDE ont classé cet automne la Chine au premier rang des pays émetteurs de gaz à effet de serre.


Après sa visite de la Cité interdite, que les autorités dénomment désormais "Palais musée", la candidate a rencontré les membres d'une association défendant les droits des femmes venues de la campagne.


Elle a longuement écouté les situations engendrées par l'exode rural massif en Chine, s'enquerrant des "pressions des entreprises" sur leurs employées et saluant le travail des avocats bénévoles.


"Ne soyez pas les victimes de la croissance économique", a-t-elle enjoint. "L'accès à la dignité, c'est vrai pour les travailleurs du monde entier".


Elle a également rendu une visite très encadrée avec une famille de la classe moyenne, dans son appartement d'un petit immeuble du quartier de Dongsi.


Assise sur le canapé, elle a dégusté une tasse de thé et s'est vue offrir un porte-bonheur rouge. La mère de famille l'invitant à revenir pour goûter à ses raviolis, Ségolène Royal lui a promis de lui envoyer "une petite carte".


"C'est important d'être en contact de la population y compris dans sa vie quotidienne", a-t-elle expliqué à sa sortie. "Je tiens toujours à avoir un contact dans les quartiers, même dans un voyage comme celui-là".

Publié dans Divers

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