Tarifs bancaires : une pause opportune

Publié le par PIERRE-ANGEL GAY - Les Echos.fr

Il n'est pas interdit d'être bon politique. Ni même d'être bon commerçant. Les banques françaises, qui n'ont pas toujours fait preuve de ces deux qualités, les ont, semble-t-il, apprises. Au premier semestre 2007, elles afficheront, avec un bel ensemble, une politique de modération tarifaire qui devrait se traduire par une baisse sensible de certains prix chez BNP Paribas, LCL ou encore à la Société Générale.

Régulièrement cloués au pilori par les associations de consommateurs, les établissements financiers se savent dans la ligne de mire des deux principaux candidats à l'élection présidentielle. Lorsqu'il dirigeait Bercy, Nicolas Sarkozy n'avait pas hésité à chausser les bottes de l'UFC-Que choisir. Et, cet automne, Ségolène Royal dénonçait sans nuance un « système bancaire qui s'enrichit sur le dos des pauvres ».

Mais les banques françaises ne tentent pas seulement de se faire oublier pendant la campagne électorale. Certaines d'entre elles s'efforcent aussi de corriger des pratiques néfastes à leur image : en annonçant une baisse des frais facturés pour le rejet d'un chèque, pour un incident de paiement ou pour pouvoir faire opposition, elles se montrent soucieuses, désormais, de ne pas aggraver les difficultés de leurs clients les plus modestes.

En calmant les polémiques, cette année blanche tarifaire devrait enfin permettre, dans une sérénité relative, de dresser ce bilan des relations entre les banques et leurs clients qu'Emmanuel Constans, le président du Comité consultatif du secteur financier, appelait récemment de ses voeux. Ces deux dernières années, en effet, beaucoup a été fait pour les améliorer - de la simplification du droit au compte à la gratuité de sa clôture -, sans qu'on ait pu encore mesurer pleinement les conséquences des décisions prises.

Si on peut espérer en 2007 un certain apaisement, on ne doit, en revanche, pas s'attendre à une année de pause. Les douze prochains mois seront chargés pour les banques avec, au 1er novembre, l'entrée en application de la directive MIF, le texte européen consacré aux marchés d'instruments financiers, ainsi que les conclusions du rapport Delmas-Marsalet. Ces deux textes devraient engendrer un bouleversement de la relation entre le banquier et son client : ils exigeront en effet du premier qu'il ait une connaissance suffisante du second pour être en mesure d'évaluer ses besoins et de lui proposer des produits adaptés.

Les débats de 2007 ne devraient donc plus être, comme en 2005 et en 2006, exclusivement centrés sur les tarifs, mais porter sur le service au client. C'est heureux. Cela l'est d'autant plus que, répétons-le, hors quelques dérapages, il n'y a pas en France de réels problèmes sur ce point. Toutes les études montrent que les tarifs bancaires ne sont pas particulièrement élevés dans l'Hexagone. Qu'ils soient de 130 euros par an (si l'on en croit le cabinet Mercer Oliver Wyman) ou de 89 euros (selon les chiffres du World Retail Banking Report), ils se classent toujours au milieu de la fourchette, que ce soit en Europe ou dans le monde.

Les débats entre banques et associations de consommateurs gagneront peut-être, cette année, en maturité.

Publié dans Divers

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