Les choses sérieuses commencent pour Ségolène Royal à Pékin

Publié le par Laure Bretton - Reuters

Après deux journées riches en images, Ségolène Royal a entamé lundi le volet diplomatique de sa visite en Chine avec une rencontre avec le vice-président chinois Zeng Qinghong.

La candidate socialiste à l'élection présidentielle a été reçue par son hôte au Grand palais du peuple, le siège de l'Assemblée nationale qui s'ouvre sur la place Tienanmen.

"Je sais que vous êtes très occupée en matière nationale", lui a déclaré le numéro deux chinois en l'accueillant dans une imposante salle de réceptions ornée d'une tapisserie représentant un paysage de montagnes. "Nous avons le grand plaisir de vous recevoir à ce moment important pour vous".

Assise dans l'un des 25 fauteuils beiges installés en rond dans la pièce, la présidente de Poitou-Charentes a expliqué être venue en Chine "pour approfondir (s)a connaissance des problèmes de cette partie du monde où les choses bougent énormément".

"Nous avons besoin du développement harmonieux de la Chine", a-t-elle dit, se félicitant de la convergence de vues diplomatiques entre Paris et Pékin sur la nécessité d'un "monde multipolaire où il n'y a pas une seule hyperpuissance qui décide pour tout le monde".

Le reste de l'entretien était fermé à la presse.

Depuis son arrivée à Pékin, Ségolène Royal a insisté sur sa volonté de "parler de tout avec franchise" avec les autorités chinoises : délocalisations, environnement et "droits humains", vocable sous lequel elle range les droits de l'homme mais également sociaux, environnementaux et syndicaux.

Pendant ses deux premières journées sur le sol chinois, elle a alterné rencontres avec la société civile (associations de femmes, organisations de défense de l'environnement) et entretiens officiels.

En 2004, Nicolas Sarkozy avait été reçu par le président chinois. Hu Jintao n'était cependant pas allé jusqu'à se laisser photographier aux côtés du ministre de l'Intérieur français.

La même année, Ségolène Royal avait participé au boycottage de la visite d'Hu Jintao à l'Assemblée nationale, décidé par le groupe socialiste.

En ayant un entretien avec Zeng Qinghong, "elle rencontre le faiseur de rois. Ce n'est pas rien", analyse cependant un connaisseur des arcanes chinoises.


"CHANGEMENT POLITIQUE PROFOND"

Lundi, le programme de Ségolène Royal a débuté par une rencontre avec des étudiants chinois francophones, qui l'ont interrogée sur la présidentielle française, et la visite d'un centre de recherche et développement de France Télécom.

Devant les élèves de l'Institut diplomatique de Pékin, elle a expliqué qu'elle voulait "incarner un changement politique profond", profitant de la rencontre pour exporter son concept de "démocratie participative".

"Mes adversaires se sont parfois moqués de moi parce que j'ai dit 'je veux écouter pour parler juste, pour agir juste. J'ai mis en place et beaucoup défendu l'idée de démocratie participative c'est-à-dire qu'on considère que les citoyens sont les meilleurs experts de ce qui les concernent", a-t-elle dit, reprenant l'un de ses thèmes fétiches de campagne.

"Même si on n'a pas le droit de vote, je vous souhaite une très bonne chance de succès. On va vous soutenir moralement et sincèrement", a assuré une jeune étudiante, Wong Wue, qui s'exprimait comme ses camarades dans un français limpide.

"Tous nos camarades pensent que Ségolène Royal a moins d'ancienneté politique que Nicolas Sarkozy mais plus de popularité", a expliqué Wu Juanjuan, diplômée en relations internationales. "La France a besoin de changer de face".

Avant une rencontre avec le ministre du Commerce extérieur, Ségolène Royal a été reçue par le conseiller diplomatique de Hu Jintao, Dai Bingguo, "sherpa" chargé de la "relation stratégique franco-chinoise".

Le gendre du premier ambassadeur de Chine en France a complimenté la première femme à avoir une chance d'accéder à l'Elysée sur son goût pour le rouge, la couleur du drapeau chinois mais également du Parti socialiste français.

"J'ai beaucoup admiré votre élégance, vous étiez habillée en rouge", a expliqué Dao Bingguo. "J'y penserai pour ma prochaine visite", lui a répondu Ségolène Royal, de nouveau vêtue de blanc.

Publié dans Divers

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