Royal évoque tous les sujets avec les dirigeants chinois

Publié le par Laure Bretton - Reuters

Après deux journées riches en images, Ségolène Royal a entamé le versant diplomatique de sa visite en Chine, rencontrant, à défaut d'une entrevue avec le président Hu Jintao, le numéro deux du régime, Zeng Qinghong.

La candidate socialiste à la présidentielle s'est également entretenue avec le conseiller diplomatique du président et le ministre du Commerce extérieur, avec qui elle a eu des "échanges nourris" notamment sur les délocalisations, souligne-t-on dans la délégation française.


Selon ses conseillers, Ségolène Royal a abordé toutes les questions avec ses interlocuteurs, y compris le Tibet, Taïwan ou l'embargo européen sur les ventes d'armes.


"Chaque fois à son initiative", les "droits humains" ont été abordés. Un vocable qui englobe les droits de l'homme "dans le sens 1789 du terme" et "toutes leurs déclinaisons" actuelles (sociaux, environnementaux, syndicaux).


La présidente de Poitou-Charentes, qui a notamment demandé si Pékin envisageait un dialogue avec le Dalaï Lama, a dû se contenter des réponses traditionnelles mettant en avant le développement économique - et donc positif - de la province himalayenne.


Avant ces entretiens officiels, deux membres de sa délégation ont rencontré dans la matinée les associations professionnelles d'avocats et de journalistes afin d'évoquer le sort de cinq de leurs confrères emprisonnés.


Cette "méthode nouvelle" revendiquée par la candidate consiste à mettre la Chine au pied du mur juridiquement plutôt que de déposer des listes de noms de dissidents dont on réclame des nouvelles. Celle de l'Union européenne compte cent noms, celle de la France dix.


Concrètement, deux lettres signées Ségolène Royal ont été rédigées, demandant des éléments d'informations sur ces cinq prisonniers et rappelant à Pékin point par point les éléments des conventions internationales mis à mal par ces arrestations.


Ces missives ont été remises aux associations professionnelles. La dirigeante socialiste a également envoyé une lettre aux autorités chinoises pour les informer de sa démarche et demander des "éléments d'information", a précisé Bruno Le Roux, secrétaire national du PS.



ROUGE ET BLANC


L'avocat Jean-Pierre Mignard, qui a défendu des dissidents chinois engagés dans le "Printemps de Pékin" en 1989 s'est chargé de faire taire la polémique naissante, à Paris, sur le voyage de Ségolène Royal en Chine.


Le président de l'UDF François Bayrou a notamment estimé qu'elle s'était "soumise" aux dirigeants de Pékin, quand l'UMP raillait le "voyage touristique" de l'adversaire de Nicolas Sarkozy.


"M. Bayrou peut penser ce qu'il veut, s'il a effectivement d'autres solutions, d'autres moyens à proposer. Nous ne sommes pas dans un domaine où il faut faire de la concurrence ou une compétition malsaine sur les droits et les libertés des personnes", a expliqué l'avocat, ami de longue date de Ségolène Royal.


Dans l'après-midi, elle a été reçue par le vice-président chinois au Grand palais du peuple, le siège de l'Assemblée nationale qui s'ouvre sur la place Tienanmen.


L'entretien a duré un peu plus d'une heure, le temps d'évoquer notamment la relance de la construction européenne après les "non" français et néerlandais à la Constitution, a-t-on appris dans l'entourage de la candidate.


Avec le ministre du Commerce extérieur, Bao Xilai, elle a évoqué les délocalisations "qui détruisent des emplois en France", l'un des fils rouges de sa visite de quatre jours.


Les échanges entre les deux pays, qui atteignaient 10 milliards d'euros en 2005, ont plus que doublé en 2006, passant à 25 milliards. Ils sont cependant nettement déséquilibrés en faveur de la Chine, ses exportations vers la France dépassant les 20 milliards d'euros.


Sa rencontre avec le conseiller diplomatique de Hu Jintao, Dai Bingguo, a donné lieu à un échange "coloré".


Le gendre du premier ambassadeur de Chine en France l'a complimentée sur son goût pour le rouge, la couleur du drapeau chinois, également utilisée par le Parti socialiste français.

Fin diplomate, il a admis que le blanc, couleur du deuil en Asie, était "aussi une belle couleur" face à une Ségolène Royal de blanc vêtue. A quatre mois du premier tour, la candidate a promis à Dai Bingguo de "penser" au rouge pour sa "prochaine visite".

Publié dans Divers

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