Les Don Quichotte confiants dans la sortie de crise

Publié le par Reuters

Les Enfants de Don Quichotte reste confiants dans la levée progressive des villages de tentes installés à Paris et en province après les mesures gouvernementales obtenues en faveur des sans-abri.


L'association avait appelé lundi à la fin des campements dressés depuis près d'un mois à Paris puis dans une dizaine de villes mais des SDF refusent ici ou là de partir sans "garanties concrètes".


"Nous avons dit hier que le processus prendrait un certain temps, au fur et à mesure des relogements ou des mises dans des hébergements de longues durées", a précisé mardi à Reuters Jean-Baptiste Legrand, président de l'association.

"Le comité de suivi va vraiment faire son travail, pour l'instant on avance doucement avec les travailleurs sociaux", a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Legrand a répété que les initiateurs du mouvement lancé le 16 décembre estimaient avoir obtenu "des avancées majeures", qu'il se voulait "apolitique" et n'entendait pas faire de "surenchère".

Lundi, le gouvernement a annoncé une série de mesures dont un doublement à 27.100 des places d'urgence existantes et la présentation d'un projet de loi sur le droit au logement opposable la semaine prochaine.

Dans plusieurs campements, une partie des SDF refusent toutefois de lever les tentes.


APPEL A LA VIGILANCE

"Nous sommes formels: il n'est pas question de lever le camp tant que tous les problèmes ne sont pas réglés", avait dit lundi Nicole, l'organisatrice du mouvement à Bordeaux.

En revanche, à Lille, Marc de Beer, le responsable local des Enfants de Don Quichotte, a affirmé que "d'ici à 48 heures les tentes auront déménagé".

Aucune tente n'a été pour l'instant démontée le long du canal Saint-Martin à Paris d'où le mouvement a été lancé, a précisé Jean-Baptiste Legrand.

En quelques semaines, les Enfants de Don Quichotte, nés sous l'impulsion d'un comédien, Augustin Legrand, frère de Jean-Baptiste, et de militants associatifs, ont réussi à faire réagir la classe politique dans l'urgence.

Se félicitant d'un "premier recul gouvernemental", Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) à la présidentielle, a estimé que "la vigilance et la mobilisation doivent continuer".

"C'est la raison pour laquelle dans plusieurs villes, les sans domicile fixe refusent de lever le camp", écrit-il dans un communiqué.

Pour Olivier Besancenot, la seule façon de rendre effectif le droit au logement opposable consiste à créer un "service public du logement".

Gilles Savary, porte-parole de Ségolène Royal, a déclaré que le mouvement avait eu "l'inestimable mérite" de lever le voile sur "l'illusion statistique de la production de logements" mais qu'il n'était pas "à l'échelle de la crise d'accès à un logement décent et durable".

"Le débat législatif convoqué par le président de la République sur la mise en place du droit au logement opposable ne pourra faire l'économie des moyens considérables et des objectifs ambitieux nécessaires à son application effective", souligne-t-il.

Publié dans Divers

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