Villepin sous le feu des attaques des députés UMP

Publié le par Delphine Girard - La Tribune.fr

 

En annonçant qu'il ne voterait pas dimanche pour Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la désignation interne à l'UMP du candidat à la présidentielle, le Premier ministre déchaîne les passions dans la majorité. Il s'est fait prendre à partie ce mardi lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée.



A quelques jours du congrès de l'UMP qui doit introniser dimanche Nicolas Sarkozy comme candidat à la présidentielle , une ambiance de crise règne dans la majorité. Au centre de toutes les attaques, Dominique de Villepin qui a dû affronter hier, lors de la réunion hebdomadaire du groupe à l'Assemblée, la colère des députés UMP, ulcérés de voir le Premier ministre refuser de prendre parti en faveur de Nicolas Sarkozy.

Dimanche dernier sur Canal Plus, le chef du gouvernement a annoncé qu'il serait présent dimanche au congrès mais qu'il ne voterait pas pour le candidat UMP. "Le président de la république ne s'étant pas prononcé" sur ses propres intentions, "comme chef du gouvernement, je ne suis pas en mesure de participer à ce vote" a-t-il expliqué.

Une explication inacceptable pour les élus de la majorité. Les participants présents à la réunion de groupe ce mardi rapportent que Dominique de Villepin s'est fait huer par des députés "à la limite des sifflets". "Les députés ont fait part de leur exaspération, ils ont appelé au sursaut et au rassemblement" rapporte Dominique Paillé, député des Deux-Sèvres "Le Premier ministre a tenté de justifier une position que je juge indéfendable. L'élection de Sarkozy le 14 janvier, c'est le début de la conquête. S'il y a division, ce sera le début de la défaite".

Depuis l'affaire du CPE l'an dernier, les relations se sont profondément dégradées entre le chef du gouvernement et les députés UMP. Ceux-ci lui ont reproché, tout au long du conflit qui a embrasé les universités françaises, une attitude intransigeante et un manque d'écoute du pays dont ils redoutaient de faire les frais en 2007. Ils jugent aujourd'hui que, par son refus de soutenir Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin continue d' entretenir l'ambiguïté sur son éventuelle candidature à la présidentielle et risque ainsi de faire perdre son camp.

"Si nous allons divisés à l'élection, c'est l'échec assuré" rapporte Jean-Luc Reitzer, député UMP du Haut-Rhin. "Les jeux sont faits pour la présidentielle, poursuit-il. Notre candidat, c'est Sarkozy. Il faut que le Premier ministre l'accepte. S'il n'y avait pas eu le CPE et Clearstream, il aurait pu avoir ses chances. Quant à Chirac, la page se tourne. Il faut ouvrir un nouveau chapitre".

Le chef de file des députés UMP, Bernard Accoyer, a profité hier de la présentation de ses voeux à la presse pour en appeler une nouvelle fois au rassemblement et à l'unité de la majorité. Voilà plusieurs mois que le président du groupe UMP à l'Assemblée tire la sonnette d'alarme sur les dangers des divisions qui risquent d'enclencher "la machine à perdre", expression qu'il affectionne.

"La logique de l'UMP, sa raison d'être, c'est d'avoir un seul candidat au premier tour de l'élection présidentielle pour défendre nos idées" a-t-il déclaré en précisant qu' "avoir plusieurs candidats se réclamant de notre famille politique au premier tour, ce serait prendre le risque d'être éliminé du second tour". Apportant son soutien à Nicolas Sarkozy, il met ainsi en garde contre un 21 avril à l'envers, qui laisserait la candidate socialiste Ségolène Royal affronter Jean-Marie Le Pen au second tour. Reste à savoir si Dominique de Villepin est prêt à entendre le message.

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