Le rythme de la campagne socialiste en question

Publié le par Laure Bretton - Reuters

Après la mise sur orbite du candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, la candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, n'entend pas modifier son rythme de campagne, continuant sur sa lancée "participative".

A trois mois du premier tour, la candidate a profité mardi de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée nationale pour réaffirmer sa méthode auprès de députés parfois désemparés par les tiraillements des derniers jours.

"Elle a expliqué qu'il ne fallait pas changer de rythme malgré le Barnum de Sarkozy", raconte un participant, après l'intronisation en grandes pompes du candidat UMP dimanche et au lendemain d'un premier déplacement de campagne au Mont Saint-Michel.

Surtout "ne pas s'agiter, rester sur notre démarche", a intimé la présidente de Poitou-Charentes, qui tiendra mercredi un meeting à Toulon avant une "réunion participative" consacrée au logement vendredi à Roubaix.

Une ligne qu'elle a de nouveau défendue mardi soir lors de la réunion du "conseil politique" de campagne où la perplexité a percé, alimentée par la publication d'un sondage Ifop pour Paris Match où Nicolas Sarkozy reprend l'avantage. Le candidat de l'UMP l'emporterait face à son adversaire socialiste avec 52% des voix au deuxième tour.

"Il vaut mieux que ça flotte maintenant que plus tard", veut croire une élue parisienne au sortir de la réunion. Depuis le discours "très pro, très droite, très clair" de Nicolas Sarkozy Porte de Versailles dimanche, "tout le monde flippe", commente un habitué de la rue de Solférino.

Des inquiétudes balayées par les proches de la candidate.

"On a d'un côté une grosse armada et de l'autre des petites fourmis qui travaillent dans les territoires mais ce n'est pas pour cela qu'on change de méthode. En un sens, le rassemblement de l'UMP était un non-évènement", estime Gilbert Roger, maire de Bondy, en banlieue parisienne.

Avant de présenter sa "plate-forme" présidentielle la candidate s'en tient donc envers et contre tous à sa "phase d'écoute" des Français.

"ON NE CHANGE RIEN" MAIS ON ÉTOFFE

"On continue, on s'adapte mais on ne change rien", souligne Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande.

Officiellement, le calendrier ne sera pas bousculé mais un nouveau meeting a cependant été ajouté à l'agenda de la candidate, à Paris début février. Il vient s'ajouter aux deux qu'elle tiendra lors de son déplacement aux Antilles, les 26 et 27 janvier.

D'autres "réunions participatives" seraient également en préparation, notamment à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, sur le thème de la mixité.

Annoncée pour la mi-février, la présentation du programme pourrait finalement avoir lieu "début mars, au plus tard", selon le co-directeur de campagne, François Rebsamen, qui dément cependant tout flottement.

Son équipe travaille sur un "Printemps des territoires", une journée de débats qui pourrait avoir lieu le 18 mars, pendant laquelle elle pourrait officialiser sa plate-forme.

Ségolène Royal ayant annoncé son intention de ne faire aucune attaque personnelle, elle laisse le soin au parti - et à son premier secrétaire - de porter le fer contre l'UMP et son président-candidat.

Le PS s'apprête à publier des "éléments de riposte" au discours d'investiture de Nicolas Sarkozy une fois qu'il sera entièrement disséqué, explique Stéphane Le Foll.

Pour François Hollande, le 11 février, date retenue pour la "journée de restitution" des réunions participatives souhaitées par sa compagne, est un peu tardif.

Mais la méthode de sa compagne "est la bonne", a-t-il assuré lundi après avoir présenté ses voeux de victoire pour 2007 coupant court aux rumeurs de tensions dans le couple.

La campagne est dans une "phase intermédiaire" et non une impasse, promet le député de Corrèze.

"Toute la question est de savoir si on veut une campagne traditionnelle, parti et candidat complémentaires, une campagne participative ou alors on ne fait pas campagne et elle décide toute seule", s'interroge un membre du Bureau national, pour qui ce début d'année présidentielle est "lunaire".

"Personne ne sait ni où ni comment se prennent les décisions. On est dans la désorganisation pure", tempête-t-il encore.

Publié dans Divers

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