Entrevues de Jean-Claude Juncker et de Jean Asselborn avec Ségolène Royal

Publié le par gouvernement.lu

Le 17 janvier 2007, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a reçu la députée à l'Assemblée nationale française et candidate du Parti socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, pour une entrevue à l'Hôtel de Bourgogne.

Jean-Claude Juncker et Ségolène Royal

Jean-Claude Juncker, Jean Asselborn et Ségolène Royal

Sègolène Royal a également un échange de vues avec le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration, Jean Asselborn.

Les discussions ont essentiellement porté sur les grands dossiers d'actualité politique européenne et internationale.

 

La candidate socialiste à la présidentielle française Ségolène Royal s'est prononcée mercredi pour un nouveau référendum en France en 2009 sur un traité institutionnel européen, se disant prête à en "assumer les risques politiques", après le "non" à la Constitution de mai 2005.


"Je souhaite que le peuple français soit à nouveau saisi d'un référendum en 2009. Mon idée est que ce référendum ait lieu en même temps que les prochaines élections au Parlement européen", en juin 2009, a déclaré Mme Royal après une rencontre avec le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.


"Il faut un traité qui permette aux institutions de fonctionner. Je suis prête à prendre des risques politiques», a ajouté la candidate socialiste, qui s'est présentée comme une »Européenne convaincue".


Mme Royal a repris la position officielle des dirigeants européens en souhaitant qu'au moment de la présidence française de l'UE, au deuxième semestre 2008, "des solutions soient trouvées" à l'impasse institutionnelle dans laquelle se trouve l'UE depuis l'échec des référendums sur la Constitution en France et aux Pays-Bas au printemps 2005.


Mais elle s'est distinguée de son rival Nicolas Sarkozy, le candidat de la formation majoritaire de droite (UMP), qui a plaidé lui pour une ratification parlementaire d'un mini-traité qui reprendrait les principales innovations de la Constitution pour un fonctionnement plus efficace d'une UE élargie à 27.


Si elle n'entend pas soumettre à référendum le même texte que celui rejeté par les Français à 54%, Mme Royal ne propose cependant plus une refonte en profondeur du traité constitutionnel, comme elle le faisait auparavant.


"Je ne veux pas que les Français pénalisent les pays européens qui se sont déjà prononcés. Ce que je souhaite, c'est qu'il y ait un volet social et que les droits des travailleurs soient pris en considération en Europe", a-t-elle déclaré.


"Nous serons crédibles si les salariés de l'Europe ont le sentiment de ne pas être les laissés-pour-compte" de la construction européenne, a-t-elle plaidé.


M. Juncker, qui fait figure de sage dans l'UE après 11 ans à la tête du Grand-Duché, a semblé approuver les propos de Mme Royal, en précisant que le traité devrait abandonner le nom de Constitution et comporter "une déclaration sociale plus engageante".


"Nous pensons tous les deux que l'UE doit se doter d'un socle de droits sociaux minimum pour les travailleurs", a-t-il indiqué.


Ségolène Royal était restée floue jusqu'ici sur comment relancer l'UE, handicapée par les déchirements des socialistes français lors de la campagne référendaire.


En octobre, la candidate socialiste avait jugé le traité "caduc" et suggéré le lancement d'une nouvelle "convention chargée de rédiger la réforme institutionnelle", augurant de nombreuses années de discussions.


Ce discours se heurtait à l'hostilité des 18 pays ayant déjà ratifié la Constitution, qui entendent bien en conserver le maximum.


L'Allemagne, qui a approuvé le traité et préside l'UE jusqu'au 30 juin, doit proposer lors du sommet européen des 21-22 juin une "feuille de route" pour sortir de la crise. Mais son calendrier est très dépendant des élections présidentielle et législatives françaises prévues juste avant.


Mme Royal a aussi répété mercredi ses critiques contre la BCE, en souhaitant qu'elle intègre dans ses objectifs la croissance et de l'emploi "et pas seulement la maîtrise de l'inflation".


Président de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des finances de la zone euro, M. Juncker s'est dit d'accord pour que "la stabilité des prix et l'emploi aient la même considération en Europe", "sans toucher à l'indépendance à la BCE".

Publié dans Divers

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