Ménagère en colère !

Publié le par Anne-L. Recrosio - marianne2007.info

Par Anne-L. Recrosio, 42 ans, 2 enfants, infirmière, Colmar.


Pendant des années, j'ai acheté « local » et /ou « français » avant de me résoudre à acheter «communauté européenne ». Tout simplement parce que ces produits sont moins chers… Pourquoi ?




Dans notre famille, comme dans la majorité des foyers, c'est moi qui m'occupe des courses. Alors, depuis quelques années, j'ai dû apprendre à concilier envies et nécessité. Tout simplement parce que les prix n'arrêtent pas d'augmenter et que les salaires stagnent, ce qui fait que le budget pour l'alimentaire diminue, alors j'ai changé mes habitudes et, malheureusement, dans un sens négatif.


Pendant des années, pour tout ce qui est « frais », c'est à dire fruits-légumes-viande-produits de la mer, j'ai acheté « local » et /ou « français » avant de me résoudre à acheter « communauté européenne ». Tout simplement parce que ces produits sont moins chers. Par contre, je suis tout à fait consciente que la qualité est moindre, mais je n'imagine pas mon mari et mes fils se contenter d'un « jambon-beurre » comme repas.

Pourtant, il y a des agriculteurs et des éleveurs dans notre pays, et leurs produits sont excellents. Mais leur cahier des charges est tel que leurs coups de productions sont énormes. Alors que, dans beaucoup d'autres pays, il n'y a pas (ou peu) d'exigence. De ce fait, les coups de productions se trouvent divisés par 2, 4, voir 10, et ils peuvent casser les prix. Vous trouvez normal que des produits venant des pays de l'ex-Europe de l'Est soient moins chers alors qu'il y a en plus les frais de transport ?

On dit que les prix de certains produits sont en baisse. Le seul problème, c'est que même en baisse, ces produits « de marque » restent plus chers que les produits discounts. Or mes enfants ne se nourrissent pas de bonbons et de gâteaux secs. Je sais, je caricature, mais les prix en baisse ne sont pas sur les produits de base, mais sur des produits que je considère comme non-indispensables.

Et puis, il y a la TVA aussi. Nettement plus élevée en France que dans d'autres pays. Beaucoup d'Alsaciens vont faire leurs courses en Allemagne à cause de cela. Produits de toilette, ménagers, couches, sucreries, cela peut varier du simple au double. J'ai de la famille dans des régions frontalières avec l'Italie, l'Espagne et Andorre : c'est la même chose. Et pas seulement pour l'alimentaire, mais aussi pour l'habillement, les voitures, les produits de beauté. Et bien sûr, dans les restaurants. Pourquoi certains pays refusent-ils que la France baisse la TVA dans la restauration ? Tout simplement parce que dans les régions frontalières, cela leur ferait perdre une grande partie de leur clientèle.

C'est vraiment dramatique, mais actuellement les Français n'ont plus les moyens de faire vivre les travailleurs de leur propre pays et, pour survivre, sont obligés d'acheter « made in XYZ ». Et quand la marque est française, la production, elle, est délocalisée dans un pays où les ouvriers n'ont aucune couverture sociale et sont payés avec des cacahouètes.

Je ne sais pas qui sera notre prochain(e) président(e), et malheureusement j'ai peur que cet aspect de la vie des Français lui échappe complètement. Tout simplement parce que les politiques ne sont pas issus du milieu ouvrier ou agricole. Et donc ignorent totalement la réalité de la vie des Français, et les fins de mois difficiles.

Publié dans Divers

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