Après l'acrimonie, Royal et Aubry s'affichent unies

Publié le par Laure Bretton - Reuters

Loin des turbulences parisiennes, Ségolène Royal et Martine Aubry ont affiché leurs retrouvailles à Lille, où la campagne "participative" de la candidate socialiste à la présidentielle faisait étape vendredi.

"On a défendu chacune nos idées. Pour moi il n'y a aucun doute, on est tous derrière, le Parti socialiste est derrière elle", a déclaré la maire de Lille au terme d'une semaine mouvementée pour Ségolène Royal, dont la méthode et le tempo de campagne posent question au Parti socialiste.

"Une élection présidentielle, c'est une rencontre entre une femme et un peuple mais aussi une aventure collective", a souligné l'ancienne ministre des Affaires sociales qui a invité les socialistes à "ne pas se laisser perturber" par les petites phrases - "de la mousse" qui n'intéresse pas les Français.

"Il faut laisser à notre candidate à la présidentielle le droit de choisir le temps de sa campagne", a-t-elle ajouté. Il faut "le respecter et s'y inscrire".

Après avoir un temps envisager se présenter à l'investiture présidentielle socialiste, Martine Aubry avait soutenu Lionel Jospin, multipliant les attaques contre la "démocratie participative" chère à Ségolène Royal.

De son côté, la présidente de Poitou-Charentes s'est démarquée à maintes reprises des 35 heures, l'une des réformes-phares du gouvernement Jospin, mise en place par Martine Aubry.

Interrogée sur ses vélléités d'aménager la réduction du temps de travail, la candidate socialiste a botté en touche vendredi.

Si elle est élue, elle entend concilier "l'intérêt des salariés qui ont besoin de sécurité (de l'emploi) pour être motivés" et celui des entreprises "qui ont besoin d'agilité pour conquérir des marchés extérieurs".

Martine Aubry, à qui on demandait son avis sur ces propositions, n'a pas été plus diserte. "L'important c'est de parler de l'avenir", a-t-elle expliqué.

"CHAMPIONNE DU RASSEMBLEMENT"

Devant la fédération PS du Nord, qui a massivement voté en faveur de Ségolène Royal mi-novembre, les deux femmes ont posé pour les photographes, veste rose pour l'une, chemisier rouge pour l'autre.

La candidate PS s'est dite "très heureuse" d'être reçue par "Martine" pour ce déplacement consacré aux problèmes de logement.

"Dans cette démarche participative de débat, j'ai beaucoup à apprendre des élus de terrain enracinés sur leur territoire et qui sont visionnaires", a souligné la présidente de Poitou-Charentes.

Après leurs retrouvailles, elles ont visité à bord d'un bus le quartier de Lille Sud, cible d'un vaste projet de réhabilitation urbaine sur les cinq dernières années.

Dans une petite résidence HLM de briques neuves, Ségolène Royal est allée à la rencontre de locataires, provoquant un attroupement d'enfants au bas de l'immeuble de trois étages.

Elles devaient participer dans la soirée à une "réunion participative" sur le logement à Roubaix.

Bertrand Delanoë, ancien partisan de Lionel Jospin, figure sur la liste des personnalités invitées à écouter les habitants parler de leurs problèmes de logement.

En début d'après-midi, Pierre Mauroy avait apporté son écot à la campagne "Royal", tentant de dissiper l'impression de malaise qui domine au Parti socialiste depuis quelques jours.

"Les miasmes qui volent par-ci par-là etc., les petites phrases ou je ne sais trop quoi, c'est peu de choses, a-t-il assuré, la candidate à ses côtés dans le hall de la Communauté urbaine de Lille. Pour l'ancien Premier ministre de François Mitterrand, la candidate socialiste est une "championne du rassemblement".

La campagne "participative" décriée de plus en plus ouvertement par certains "éléphants"? "Cette idée que tout le monde se met en rond, qu'on pose ses problèmes (...) c'est très bien".

Publié dans Divers

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