Ségolène Royal veut faire rebondir sa campagne

Publié le par Laure Bretton - Reuters

Face aux critiques internes de moins en moins voilées sur sa méthode de campagne présidentielle, Ségolène Royal a relancé lundi la bataille contre la droite, une semaine après le sacre de Nicolas Sarkozy.

La candidate socialiste a profité de l'ouverture au public du siège du PS, transformé en quartier général jusqu'aux échéances électorales du printemps, pour défendre à nouveau sa démarche participative et décentralisée.

Et elle a annoncé une accélération du mouvement.

Plus de 5.000 "débats participatifs" sont prévus avant la mi-février, a-t-elle déclaré. "Et c'est forte de cette parole que la gauche entamera la nouvelle étape (...) de la campagne, projet contre projet, idée contre idée".

Elle a annoncé qu'elle ferait un compte rendu de ces rencontres le 3 février, sans en préciser la forme et le lieu, avant d'entamer, en une semaine, une "tournée de toutes les régions".

La présidente de la région Poitou-Charentes présentera ensuite son projet présidentiel les 10 et 11 février. Son entourage évoquait jusqu'alors la fin février, voire le début du mois de mars.

Ces nouvelles dates se greffent sur un programme déjà étoffé ces derniers jours, au fur et à mesure de la montée en tension des "éléphants" du parti, déboussolés par le silence de la candidate face à la machine électorale en marche de l'UMP.

Après les turbulences de ces derniers jours, le PS a tenté d'offrir lundi le visage d'une formation rassemblée.

Outre ses deux co-directeurs de campagne, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, le bref discours prononcé par Ségolène Royal a été écouté par le premier secrétaire du PS, François Hollande, son compagnon à la ville, et Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui s'est rangé derrière le PS pour la présidentielle.

"ACCROCHER LES ROSES AU CIEL"

Dominique Strauss-Kahn, qui n'avait assisté ni aux voeux du premier secrétaire ni à ceux de la candidate début janvier, avait fait le déplacement, entouré de deux de ses proches, Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis.

Arrivé à l'heure dite pour l'inauguration, il a néanmoins quitté le siège du PS quelques minutes après son ouverture, et avant le discours. Laurent Fabius, autre rival de Ségolène Royal pour l'investiture interne, était absent.

Deux mois après son élection par les militants socialistes, Ségolène Royal a déclaré la bataille ouverte.

"Battons-nous! Je donne le coup d'envoi de cette bataille", a-t-elle lancé devant un panneau bleu sur lequel était inscrit son slogan - provisoire - de campagne : "Le progrès pour tous, le respect pour chacun".

"Cette bataille, je veux la gagner avec tous et toutes, tous ceux qui considèrent qu'en voilà assez de ces gaspillages, de ces brutalités, de ces violences, de ce libéralisme outrancier", a-t-elle dit, sans citer le nom de Nicolas Sarkozy.

Devant les journalistes et quelques partisans qui s'étaient frayés un chemin au siège du PS, Ségolène Royal a promis d'être "la présidente de toutes celles et tous ceux qui jusqu'à aujourd'hui n'ont pas eu la parole, ceux qui étaient sans voix".

"Avec toutes ces voix, je m'y engage (...) avec vous tous, je relèverai la France", a lancé celle qui veut être "la présidente qui tient ses promesses".

Quelques minutes plus tôt, Ségolène Royal et François Hollande avaient inauguré ensemble le QG de campagne, posant côte-à-côte devant les grilles ouvertes du 10, rue de Solférino, dix jours après les tiraillements suscités par les propositions fiscales du premier secrétaire.

Tous deux s'exprimaient devant l'entrée d'un chapiteau dont le plafond était orné de centaines de roses rouges, emblème du parti. "Nous voulons que la campagne (...) permette d'accrocher des roses au ciel et si ce n'est pas possible, nous les accrocherons nous-mêmes", a dit François Hollande.

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