Ségolène Royal sur Europe 1

Publié le par Désirs d'avenir 09

En attendant la rediffusion audio, voici l'essentiel de l'interview...

 

Pour débuter son interview avec Jean-Pierre Elkabbach , Ségolène Royal a rappelé les propos exact qu'elle a tenue sur le Québec :

"Ce que j'ai dit et ce que je confirme, c'est que comme dans toutes démocraties le peuple qui vote est souverain et libre. Et donc les Québécois décideront librement de leur destin, le moment venu, s'ils en sont saisis et ce n'est pas à la France de dicter, ni aux Québécois, ni aux Canadiens ce qu'ils doivent faire. Mais en revanche, les principes de souveraineté et de liberté ne me paraissent absolument pas contestables".

Ségolène Royal est ensuite revenue sur sa méthode et les débats participatifs : "Le calendrier n'a pas changé, s'il y a accélération, c'est parce que sur l'ensemble des territoires, dans les départements, les régions, les villes, les quartiers, en commune rurale, comme urbaine, ce sont les débats eux-mêmes qui s'accélèrent. Et c'est de ça, dont je me suis félicitée. Nous aurons lorsque je me prononcerais le 11 février prochain, organisé 5000 débats, à travers toute la France et donc cette accélération-là c'est le peuple français qui la veut, tous ceux qui viennent massivement, dans ces réunions pour prendre la parole.

Il y aura des rassemblements au niveau de chacune des régions, je réunis d'ailleurs les présidents de région demain matin, pour faire converger tout ce qui se passe sur l'ensemble des territoires, pour hiérarchiser aussi les priorités. On les voit, il y a déjà d'abord des confirmations, un certain nombre de propositions de réformes, qui ont été mises en débat, le projet des socialistes aussi est abordé au cours de ces débats participatifs".

L'écologie et la fermeture de centrales nucléaires ont ensuite été abordées : "La croissance a tout à gagner de l'exigence, attendez, la croissance a tout à gagner de l'exigence environnementale. Pourquoi ? Parce que dans ces filières de production d'énergie renouvelable, de biomatériaux, de changement des productions agricoles, il y a de nouveaux emplois, de nouveaux métiers, des laboratoires de recherche…Il y aura débat, bien évidemment sur cette question-là, et sur l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans la production énergétique française. Mais laissez-moi vous dire que l'enjeu se situe bien au-delà aujourd'hui, on le sait aucun système économique ou social ne résistera au dérèglement climatique. C'est donc notre avenir, l'avenir de nos vies qui est ici en jeu dans cette maîtrise du réchauffement planétaire".

La candidate socialiste a renouvelé sa volonté d'améliorer la loi sur les violences faites aux femmes. "Je déplore les polémiques politiciennes sur la question des violences faites aux femmes. Pourquoi ? Aujourd'hui, en France tous les trois jours, une femme est assassinée sous les coups de son conjoint. Ce sont les chiffres mêmes du gouvernement et on ose dire que la loi est suffisante. Non, la loi n'est pas suffisante…Lorsqu'il y a urgence, avant que les femmes ne se fassent assassiner, il faut qu'il y ait des lieux d'accueil, d'urgence. Donc premièrement, il faudra que la loi impose à tous les départements la création d'hébergement d'urgence pour les femmes battues. Deuxièmement, le problème, c'est que le mari violent revient au domicile et donc il faut régler cette question-là. Qui aujourd'hui n'est pas réglée dans la loi et d'ailleurs ce n'est pas seulement une loi, qui peut régler ça, c'est aussi un accompagnement. Et enfin le vrai problème de cette loi, c'est que pour que le mari violent soit écarté du domicile familial, il faut que la femme porte plainte, que la mère porte plainte et c'est là souvent où les femmes ont peur. Elles ont peur de porter plainte parce que si elle porte plainte, les coups sur elles peuvent redoubler. Et donc je souhaite que le dispositif juridique qui soit adopté soit celui que j'ai fait voter pour la loi contre le bizutage, c'est-à-dire qu'on puisse venir au secours d'une victime sans que celle-ci ait besoin de porter plainte. c'est-à-dire si la police constate un flagrant délit…".

Un volet économique a ensuite été évoqué par Ségolène Royal : "L'objectif il est clair, il n'est pas d'augmentation de prélèvements obligatoires, une plus juste répartition de ces prélèvements obligatoires, le renforcement de l'efficacité des services publics par leur réforme mais sans en rabattre sur la densité des services publics et en investissant même davantage sur l'éducation, sur la formation et sur la recherche, comme l'ont fait les pays du Nord de l'Europe qui ont relancé la croissance économique en investissant dans la recherche et dans la formation professionnelle. Et je crois que c'est un pays qui se remet en mouvement dans un partenariat à trois entre les représentants des salariés, les entreprises et les pouvoirs publics pour faire en sorte que c'est investissements dans le futur soient efficaces et créaient de l'activité économique, que nous pourrons aussi répartir autrement les fruits de la croissance. Moi, je crois que la France peut se remettre en mouvement. Et en même temps, que la situation est extrêmement, difficile à cause de l'endettement et des déficits que laisse la droite".

Les retraites ont conclu l'intervention de Ségolène Royal : "Il y a des systèmes plus avantageux que d'autres, mais les valeurs qui m'animent ne sont pas celles qui consistent à pointer du doigt, une catégorie pour faire croire que tous les problèmes peuvent être résolus en dressant les Français les uns contre les autres. L'urgence sur les retraites, c'est la négociation sur la pénibilité des emplois et je déplore comme l'ont fait les organisations syndicales, que le MEDEF ait interrompu les discussions sur la prise en compte de cette pénibilité. Monsieur SARKOZY évoque même la possibilité de travailler jusqu'à 70 ans, alors que l'on est confronté en France, à un double problème, celui du taux de chômage le plus élevé chez les jeunes, et celui du taux de chômage le plus élevé chez les plus de 50 ans. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui de toute façon sont jetés du marché du travail à partir de 50 ans et notamment les femmes et l'on vient nous proposer de faire travailler les Français jusqu'à 70 ans…".

Publié dans Divers

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