Sarkozy brouille les cartes sur le CNE

Publié le par François Vignal - marianne2007.info

Xavier Bertrand est revenu sur les propos de Nicolas Sarkozy : il ne veut pas généraliser le CNE. Mensonge pour le socialiste Gérard Filoche, qui se réfère aux discours du candidat UMP.



CNE ou pas CNE ? Ce matin, dans une interview à La Tribune, Xavier Bertrand, porte-parole de Nicolas Sarkozy revenait sur les propos de son candidat. : « Notre intention n'est pas de généraliser (le CNE). L'inspiration est plutôt celle du modèle danois. » Et le ministre de la Santé de pointer certains « défauts, comme l'absence de la motivation de la rupture du contrat de travail et une période d'essai trop longue » pour le CNE. Devant les patrons de la CGPME, le 24 janvier, Nicolas Sarkozy avait expliqué vouloir « s'inspirer » du contrat nouvelle embauche, « un progrès », pour bâtir le contrat de travail unique qu'il propose.

Doit-on prendre les propos de Xavier Bertrand comme un revirement du candidat UMP ? « Pas du tout. Il a dit qu'il faut s'inspirer de l'esprit du CNE, c'est-à-dire de la flexibilité-sécurité qui prévaut au Danemark, assure à Marianne2007.info Valérie Pécresse, porte-parle de l'UMP. L'idée est de mettre davantage de souplesse dans les contrats de travail et davantage de protection sur la personne du salarié. Notre idée n'est pas de généraliser le CNE au-delà de 20 salariés, mais de créer un contrat universel de travail qui soit un contrat à durée indéterminée pour tous, avec des protections qui augmenteraient en fonction de l'ancienneté des salariés. Ce contrat sera négocié avec les partenaires sociaux. »

Pour Valérie Pécresse, Nicolas Sarkozy se serait simplement mal fait comprendre : « Il a voulu rendre hommage au CNE de Villepin. La manière dont cet hommage a été formulé a laissé entendre que notre contrat universel unique serait la copie du CNE. Mais il est inspiré de la flex-sécurité », insiste-t-elle.

« Ils ont peur »

Le socialiste Gérard Filoche, inspecteur du travail, a du mal à croire ces explications, comme les propos de Xavier Bertrand : « Juqu'au démenti de Bertrand, Nicolas Sarkozy a proposé d'assouplir le licenciement, avec des procédures moins longues. Ça correspond à ce que veut Laurence Parisot, la présidente du Medef », s'énerve-t-il. Il se réfère directement aux discours du candidat : « Lors du déplacement à Charlevilles-Mézières, il a dit "je propose qu'on protège moins les emplois et davantage les personnes, grâce à la création d'un contrat de travail unique, à durée indéterminée, à droits progressifs, plus souple en matière de licenciement économique, et d'une sécurité sociale professionnelle qui sécurise mieux les parcours individuels." » Et l'inspecteur du travail de poursuivre « on le voit, les logiques de droit collectifs sont réduites à des droits individuels. »

Pour Gérard Filoche, Nicolas Sarkozy n'aurait pas pêché par manque de clarté, mais par mensonge : « Casser le droit du travail est forcément une position délicate. On ne peut pas le dire franchement, alors mieux vaut mentir. » Le socialiste explique ce retournement de position par la « peur ». « Il masque sa position car il n'ose pas la dire dans l'élection. Il essaie de faire un discours à gauche, mais c'est pour gagner des voix. Il faut le démasquer. ».

Publié dans Divers

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