Nicolas Sarkozy au centre des polémiques sur les RG

Publié le par Reuters

Deux nouvelles affaires ont envenimé mercredi la polémique sur le rôle des RG et le maintien au ministère de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy, qui a redit qu'il n'entendait pas quitter son poste pour l'instant.

Les RG sont soupçonnés par Le Canard Enchaîné d'avoir enquêté fin novembre sur le patrimoine du couple Ségolène Royal-François Hollande et par le Nouvel Observateur d'interroger et de ficher certains riverains du QG de campagne du candidat UMP, à Paris dans le Xe arrondissement.

"Moi, je déteste cette République des fiches", a lancé François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle,.

"Ce que je trouve depuis longtemps grave c'est qu'on ait le mélange entre candidat à la présidence de la république et ministre de l'intérieur. Le ministre de l'Intérieur est celui qui est chargé d'organiser les élections et donc, normalement, sa position est une position de neutralité", a-t-il ajouté sur RTL.

Après le socialiste Jean-Marc Ayrault, François Sauvadet, porte-parole du groupe UDF à l'Assemblée nationale, a souhaité que "très vite le ministre de l'Intérieur cesse ses fonctions et devienne le candidat qu'il est". "Il aurait dû démissionner depuis longtemps", a renchéri sur LCI un autre député centriste, Maurice Leroy.

Les porte-parole de l'UMP, Luc Chatel et Valérie Pécresse, se sont indignés pour leur part du "caractère anti-républicain des demandes de révocation du ministre de l'Intérieur".

Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy a répété "qu'un mois et demi" avant le second tour, fixé au 6 mai, il aurait quitté son poste. "Je n'ai pas l'intention d'abandonner mes responsabilités", a-t-il déclaré.

Il a démenti être à l'origine d'une enquête des RG sur le patrimoine de la candidate socialiste Ségolène Royal, accusant le Parti socialiste de "faire diversion".

"Ce n'est pas vrai, c'est de la calomnie, c'est des mensonges, je démens formellement comme ont démenti les responsables de la police de la République française", a déclaré le candidat de l'UMP dans la matinée au micro d'Europe 1.

"BIG BROTHER"

"Je suis ministre de l'Intérieur depuis 2002, il n'y a donc jamais eu quelque scandale que ce soit. Et tout ceci, chacun le comprend bien, c'est pour faire diversion parce que la candidate socialiste se trouve très mal après un certain nombre de déclarations dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles furent étonnantes, et qu'il faut faire un rideau de fumée", a-t-il dit.

Un autre ministre, Xavier Bertrand, qui est également le porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, est accusé par le PS de pratiquer la confusion des genres en demandant à son administration de travailler sur les propositions de son candidat.

"Xavier Bertrand utilise les moyens de la République pour évaluer et chiffrer la proposition de franchise à 100 euros sur les consommations de soins", affirme Pascal Terrasse, secrétaire national à la Santé.

Des voix s'étaient déjà élevées pour demander le départ de Nicolas Sarkozy du ministère de l'Intérieur après la publication la semaine dernière d'un précédent article du Canard Enchaîné affirmant que son cabinet avait ordonné une enquête des RG sur Bruno Rebelle, ex-directeur de Greenpeace France et collaborateur de Ségolène Royal, chargé de l'environnement.

Le militant écologiste a porté plainte pour "atteinte à la vie privée". Son avocat, Me Jean-Pierre Mignard, a annoncé avoir écrit au président de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) pour qu'il saisisse les RG du problème.

La Cnil a annoncé dans un communiqué qu'elle s'était "rapprochée des services des RG pour obtenir la communication des documents et informations en leur possession".

Elle demande "des explications sur la mise en ligne d'une note concernant l'intéressé et présentée comme émanant des Renseignements Généraux".

Dans ce contexte, une enquête présumée sur les riverains du QG de campagne de Nicolas Sarkozy, rue d'Enghien, n'est pas de nature à apaiser les polémiques.

Des associations ont critiqué cette installation dans un quartier populaire où logent de nombreux immigrés. Des habitants ont créé un blog intitulé "Rentre chez toi" et demandant au ministre de l'Intérieur de retourner dans sa ville de Neuilly-sur-Seine.

Publié dans Divers

Commenter cet article