Sarkozy avance, son « entourage » recule…

Publié le par Hervé Nathan - marianne2007.info

Il y avait autrefois la quinzaine du blanc, en janvier. Il y a eu la quinzaine de Sarkozy. Les deux semaines qui viennent de s'achever ont vu le président du l'UMP effectuer un festival de promesses ou d'engagements électoraux, inauguré par une interview dans Le Monde, passée un peu inaperçue pour cause de décès concomitant de l'Abbé Pierre (requiescat in pace).

On a vu ainsi l'actuel ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, ancien ministre de l'économie des finances et de l'industrie (2004-2005), ancien ministre du budget (1993-1995), annoncer une baisse des prélèvements obligatoires de quatre points de PIB, soit 68 milliards d'euros, un nouveau contrat de travail inspiré du contrat nouvelle embauche (CNE), une franchise sur les premiers soins de santé remboursés par la sécurité sociale, et enfin la déduction des impôts des intérêts d'emprunt pour le logement. Il y en avait pour tout le monde. Les salariés et les patrons, les cadres et les classes moyennes, et même pour les médecins. Les socialistes, en privé, admettent qu'ils en ont été stupéfaits.

Le problème, c'est qu'après chaque annonce « l'entourage » entre en scène pour « préciser » la pensée du chef. En première ligne de cette exercice, on trouve Xavier Bertrand, ministre de la Santé. Et qu'apprend-t-on de « l'entourage » ? Que la baisse des prélèvements obligatoires s'étalerait sur « deux mandats » (soit dix ans de Sarkozy…), que le CNE ne peut inspirer le « contrat unique » du candidat, que la « franchise » n'est pas vraiment au point (Le Canard enchaîné révèle une note de l'administration de Bertrand faisant valoir qu'une franchise de 100 euros exclurait du bénéfice de l'assurance maladie obligatoire un tiers de Français, et les pousserait vers l'assurance privée), et que la déductibilité des intérêts d'emprunts serait réservée à certaines personnes, comme les primo accédant à la propriété, etc.

Résultat : si Ségolène Royal a peut-être mal joué en attendant le dernier moment (et la fin des débats participatifs) pour préciser son programme, Sarkozy a fait l'inverse : il a tout annoncé d'abord, puis nous enrobe dans un rideau de fumée !

Publié dans Divers

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