La campagne "à ma façon" de Lionel Jospin pour Ségolène Royal

Publié le par Reuters

Que du "positif". Lionel Jospin a promis qu'il interviendrait "de temps en temps" dans la campagne présidentielle pour soutenir Ségolène Royal tout en prévenant qu'il le ferait "à (sa) façon", "librement".

Invité sur RTL, l'ancien Premier ministre socialiste a expliqué qu'il avait été poussé à s'engager dans la bataille parce que "le numéro de (Nicolas) Sarkozy sur le travail et les travailleurs dépasse les limites de la décence et surtout du sérieux".

"Il nous fait autour du travail le coup de la fracture sociale que nous avait fait Chirac" en 1995, a-t-il dénoncé.

C'est la première fois que le chef de la gauche plurielle, qui avait un temps envisager de briguer l'investiture socialiste, affiche aussi clairement son soutien à Ségolène Royal.

De juin à septembre, il n'avait eu de cesse de dénoncer la "démocratie participative" chère à la présidente de Poitou-Charentes. En jetant l'éponge fin septembre, déjà sur RTL, il s'était appliqué à ne même pas citer son nom tout au long de l'interview.

Son intervention survient au milieu d'une semaine cruciale pour Ségolène Royal, qui doit présenter les grandes lignes de son programme présidentiel dimanche après des semaines de difficultés - sondages en berne, attaques de la droite et tiraillements internes.

"C'est peut-être un moment un tout petit peu plus difficile" pour la candidate. Cela tombe bien si c'était un moment pour s'engager", a justifié Lionel Jospin sur RTL.

Elle "a déterminé une stratégie, un calendrier et une méthode et elle s'y tient et cela est bien qu'elle s'y tienne", a-t-il expliqué. "On n'entendra rien de négatif venant de moi (...) C'est du positif qui viendra de moi parce que l'enjeu est important", battre la droite.

LES HISTOIRES D'ÉLÉPHANTS, "PLUS DE MON ÂGE!"

S'il accepte de participer à l'effort de campagne contre la droite, Lionel Jospin a très clairement fixé ses conditions: le faire "librement".

Libre, "ce sont les cinq lettres les plus importantes pour lui", décrypte l'un de ses proches, interrogé sur le rassemblement en marche au PS. "Il n'y a rien que Lionel Jospin déteste plus que si on essaie de lui dicter son calendrier".

L'ancien Premier ministre a d'ores et déjà fait savoir qu'il n'assisterait pas au meeting de dimanche à Villepinte, pendant lequel Ségolène Royal devrait dérouler un certain nombre de ses propositions présidentielles, au terme de sa "phase d'écoute" des Français.

Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ses anciens rivaux pour l'investiture, sont en revanche attendus au Parc des Expositions, dans le nord de Paris, où la réunion publique se déroulera finalement pour pouvoir accueillir plus de monde.

"Ces histoires d'éléphants, ça ne m'intéresse pas. Ce n'est plus de mon âge", a lancé Lionel Jospin. "J'interviendrai de façon positive, à ma façon (...) c'est le mieux que je puisse faire de temps en temps. Et je pense que ce sera plus utile que de m'asseoir sur une chaise".

Il a fustigé les "mystifications" de Nicolas Sarkozy en matière économique et sociale. Le candidat de l'UMP parle selon lui de travail "mais jamais d'emploi", de gagner plus en tant qu'individu "mais jamais de salaires".

"Il fait comme si c'était le salarié qui décidait de son temps de travail, la réalité est toute différente", a-t-il souligné, défendant la réduction du temps de travail -- l'une des réformes phares de son gouvernement, entre 1997 et 2002.

A ses yeux, "les propositions de Nicolas Sarkozy ne visent sous le vocable 'contrat unique' qu'à recycler le Contrat nouvelles embauches et le Contrat première embauche".

Dans un communiqué, Jack Lang, ancien ministre de la Culture de Lionel Jospin aujourd'hui conseiller spécial de Ségolène Royal, salut "l'engagement clair et net" en faveur de la candidate, celui d'un "homme de combat qui s'élève contre les mensonges et qui contribuera, par son autorité morale, à faire barrage au danger sarkozien".

Publié dans Divers

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