Lionel Jospin invité de RTL : Le numéro de monsieur Sarkozy sur le travail et les travailleurs dépassent les limites de la décence et du sérieux.

Publié le par Désirs d'avenir.org

Lionel Jospin voit dans les référence de Nicolas Sarkozy aux figures historique du socialisme "le signe que ces hommes ont marqué l’histoire, de même que la gauche a marqué l’histoire de ce pays" Il regrette que "la manipulation commence lorsqu’il essaye de tourner ces figures contre nous, contre la gauche. Parce qu’à cet égard, il n’y a rien de changé, la droite d’hier calomniait Jaurès et Blum et on sait de quelle façon. Donc il aime la gauche d’hier, il n’aime pas la gauche d’aujourd’hui, on est là dans un classique".

"Je trouve que le numéro de monsieur Sarkozy sur le travail et les travailleurs et en passant les critiques qu'il fait à la gauche, à cet égard, dépassent les limites de la décence et surtout du sérieux."

Rappelant les propos tenus par Nicolas Sarkozy “ la vraie gauche, la gauche de Blum, parlait aux travailleurs, aimait le travail. La gauche d’aujourd’hui, la gauche de Jospin, la gauche de Ségolène Royal, parle de statuts, fait les 35 heures, parce qu’elle n’aime pas le travail.” Lionel Jospin s'indigne "cette critique ne s’adresse pas à Ségolène Royal, puisqu’elle a mis le travail au centre de ses préoccupations dès le début de sa campagne. Cette critique s’adresse encore moins à moi, qui détient le record pour un gouvernement et en cinq ans, de création d’emploi en France, depuis la guerre, y compris, plus que pendant "Les 30 glorieuses" sous mon gouvernement on a crée 2 millions d’emplois, 400 000 emplois par an et on a fait baisser le chômage."

Il poursuit "se réclamer de Blum, qui aime le travail, pour critiquer les 35 heures quand tous ceux qui se souviennent du front populaire et de Blum et en particulier des travailleurs, savent que Blum est l’homme des 40 ans et des congés payés, c’est drôle, mais comme c’est drôle, ça veut dire que ce n’est pas du tout sérieux."

Faces aux attaques du ministre de l'intérieur sur les statuts, il répond "Les ouvriers, les employés, les enseignants, les cheminots, ils n’ont pas de parachute doré, ils n’ont pas de "golden parachute". Leur parachute, leur sécurité, c’est le statut. Dans les entreprises publiques naturellement ça les protège et dans le secteur privé, me direz-vous, c’est quoi le statut ? Il n’y a pas de statut mais c’est le contrat. Et évidemment, si on a un contrat à durée indéterminée, on est plus protégé que si on a un emploi précaire ou même, un contrat à durée déterminée".

Lionel Jospin refuse de considérer le CNE comme relevant d'un droit progressif "si pendant les deux ans, on peut se débarrasser d’un salarié sans avoir à le justifier, il aura peu de chance de progresser dans ses droits progressifs. Et la proposition de Ségolène Royal, c’est au contraire de valoriser les contrats à durée indéterminée.Il peut rester des contrats à durée déterminée, à condition qu’ils reposent sur des fonctions précises, remplacer un salarié par exemple, pendant une période, congés de maternité ou autre. Donc il vaut mieux avoir comme socle, le contrat à durée indéterminée et puis des contrats déterminés, spécifiques et contrôlés, plutôt que ce contrat qui va introduire la précarité dans le droit du travail français."

Sur les 35 heures, il rappelle "les Français parlent des 35 heures, c’est une des deux mesures phares des 25 dernières années qu’ils mentionnent. Quand ceux qui ont bénéficié des 35 heures, en parlent, ils sont 85 % à dire qu’ils en sont satisfaits. Quand nous avons fait les 35 heures, cela a procuré 500 000 emplois supplémentaires, 350 000 dans le privé, 150 000 dans le public. Mais nous avons dans la même période créé 2 millions d’emplois. La critique de monsieur Sarkozy porte sur les heures supplémentaires, mais les 35 heures n’ont jamais interdit de faire des heures supplémentaires".

Pour Lionel Jospin, l'argument central de Nicolas Sarkozy en matière de travail "travaillez plus et vous gagnerez plus" escamote des questions essentielles "les conditions dans lesquelles on travaille, le salaire pour lequel on travaille, la précarité dans ce travail, la question de savoir si on est au travail ou si on est chômeur". Le candidat de l'UMP "procède à trois mystifications : la première c’est qu’il fait comme si c’était le salarié qui décidait de son temps de travail, qui décidait s’il allait faire ou non, des heures supplémentaires, la réalité pour ceux qui la connaissent est toute différente, La deuxième c’est que monsieur Sarkozy parle travail mais il ne parle jamais emploi. On ne peut pas avoir de travail si on n’a pas d’emploi, donc le problème de la création d’emploi reste fondamental. Et la troisième mystification, c’est qu’il dit si vous travaillez plus, toi individu, tu pourras gagner plus, mais il ne parle jamais des salaires de la question des salaires. Or on sait que la part qui va au salaire dans le revenu national, par rapport à ce qui va au capital, a diminué, et cette question du pouvoir d’achat des salaires, de la hausse des salaires elle est passée sous silence."

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