Le PS propose à la droite "un débat contradictoire public" sur le chiffrage des dépenses

Publié le par Claire Guélaud - lemonde.fr

Royal-Sarkozy, match nul sur les dépenses. Vingt-quatre heures après le discours de Villepinte de la candidate socialiste à l'élection présidentielle et la présentation de ses 100 propositions, le débat sur le véritable coût des programmes de Mme Royal et de son adversaire de l'UMP a tourné à la polémique entre droite et gauche à l'issue de la deuxième conférence des finances publiques.

La cellule de chiffrage de l'Institut de l'entreprise, "Débat 2007", composée de trois experts indépendants – dont l'un a été conseiller budgétaire de plusieurs ministres du gouvernement de Lionel Jospin –, estime que le coût net des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy est légèrement inférieur à 50 milliards d'euros contre 53 à Mme Royal. Un chiffrage sérieux mais provisoire dans la mesure où certaines propositions doivent encore être détaillées.

En l'absence de précisions de la candidate socialiste sur la manière dont elle entend financer son programme, la majorité s'en est donnée à cœur joie. Rappelant que la France dépense 100 millions d'euros par jour pour payer les intérêts de la dette publique, Dominique de Villepin s'est demandé s'il fallait "revenir aux errements du passé" et il a dénoncé, dans le "pacte présidentiel" de Mme Royal, "un retour à la dépense publique inconsidérée". "Je crois que nous avons tous payé très cher, collectivement, l'irresponsabilité dans ce domaine. Nous avons retrouvé le chemin de la responsabilité (…). Je crois qu'il est important de s'y tenir", a ajouté le premier ministre, satisfait de pouvoir mettre en avant les bons résultats de l'exécution budgétaire 2006.

Le PS a vivement réagi, pour sa part, aux critiques de la majorité : "Les socialistes n'ont guère de leçons de gestion à recevoir d'une majorité qui aura à la fois accru le poids de la dette de 300 milliards d'euros, fait connaître à notre pays un déficit historique du commerce extérieur de 30 milliards d'euros, et, contrairement à ses engagements, fait augmenter les prélèvements obligatoires", a estimé Eric Besson, secrétaire national du parti à l'économie et à la fiscalité, en précisant que le chiffrage précis des 100 propositions de Mme Royal serait rendu public prochainement.

Le député PS de la Drôme a fait valoir que son parti disposait d'une marge de manœuvre de 35 milliards d'euros pour financer le "pacte présidentiel" de Mme Royal, que celui-ci ne nécessitera aucune augmentation globale des impôts et qu'il "devait être compatible avec l'hypothèse de croissance retenue de 2,5% en moyenne par an pendant cinq ans". Il a également assuré que la candidate raisonnait "à prélèvements obligatoires constants". Toutefois, si cette précision figure dans le rapport budgétaire et fiscal rédigé par Dominique Strauss-Kahn, Didier Migaud et François Marc, Mme Royal ne l'a pas publiquement reprise à son compte, ni dans son discours de Villepinte ni dans ses 100 propositions. Elle s'en est tenue à l'évocation d'une "dette publique insoutenable".

Placé dans une position inconfortable par les silences de la candidate socialiste, M.Besson a contre-attaqué sur le coût des programmes de la droite. "La somme provisoire des engagements de Nicolas Sarkozy fait apparaître un solde de dépenses net de plus de 77 milliardset le projet de François Bayrou n'est toujours pas connu", a-t-il fait valoir. Et pour sortir par le haut de cette controverse prévisible sur le financement des promesses électorales, M. Besson a décidé de proposer à la droite "un débat contradictoire public en présence d'experts indépendants". Il devrait, dit-il, permettre d'établir un bilan comparatif des années Jospin et du quinquennat de Chirac en matière économique, fiscale et sociale. Et être l'occasion d'un échange entre la gauche et la droite sur le coût et les modalités de financement de leurs propositions.

Publié dans Divers

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