Revue de presse internationale du 15/12/2006

Publié le par Alain Masson - RFI

Le Figaro ouvre sa une sur «l'incroyable canular télévisé qui ébranle la Belgique»... Selon La Liberté de L'Est, «il est indéniable que la Belgique, dont le ciment a longtemps été la monarchie (surtout à l'époque du roi Baudouin), vit une sévère crise d'identité... La Flandre, à l'économie plus florissante, renâcle désormais à jouer la solidarité avec la Wallonie... L'émission aura-t-elle valeur d'électrochoc pour convaincre que la fiction pourrait bien être rattrapée par la réalité ?». Quotidien frontalier, Nord-Eclair se demande aussi s'il «fallait user d'un subterfuge contestable pour tirer au clair quelques idées sur l'avenir du peuple belge ?».

En marge de ces remarques, après le «ralliement de Doc Gyneco» et «les subtils propos de Pascal Sevran», L'Yonne Républicaine note que «voilà qu'un autre fan du président de l'UMP, notre Johnny national, s'apprête, pour des raisons fiscales, à goûter au bon air suisse, après avoir tenté, en vain, d'obtenir la nationalité belge»... La Croix estime à cet égard qu'«il est indécent d'affirmersarkozien] que la situation fiscale de la France n'est plus acceptable... et de justifier ainsi ces exils dorés, alors même que le Premier ministre discute avec les syndicats de pouvoir d'achat... pour une majorité de Français qui n'ont pas à se poser la question de mettre leurs économies à l'abri» ! Question du quotidien chrétien : «Que faut-il réformer, le système fiscal ou le sens civique des expatriés de l'impôt ?». France-Soir ébauche un autre canular : «Par exemple que Nicolas Sarkozy, tombé amoureux de Ségolène Royal, demande l'asile politique à la Suisse, pour y abriter leur bonheur et leur magot».

L'Humanité revient en une sur «l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne». Ici considéréeà la fois nécessaire et délicate». Mais qui permettrait à l'Union de sortir «de ses préoccupations boutiquières». Ironie du Progrès écrivant : «L'Europe bouge encore... Le Parlement européen a voté hier le permis de conduire unique pour tous les citoyens. Au plus tard dans votre portefeuille en 2033... Ne riez pas, l'Europe, c'est compliqué surtout à 25, voire à 27 ou 30. Résultat, le Conseil n'a parlé de rien : les questions d'actualité, la Turquie et la Constitution, sont des sujets qui fâchent et vous gâchent un dîner».


Perpétuité

«La Cour de révision a tranché» résume Le Dauphiné Libéré. «Pas question de revenir sur le verdict qui, en 1924, a conduit au bagne pour un quart de siècle un maître de scierie finistérien accusé du meurtre d'un hobereau voisin. 83 ans plus tard, la justice n'a pas retenu l'ombre d'un doute... Reste l'opinion publique. Car cette histoire-là, mille fois reprojetée comme un classique de Renoir, appartient désormais à tout le monde». Selon L'Union, «le plus grave est que cette décision ne sera pas comprise. La justice n'a-t-elle pas manqué l'occasion de démontrer sa capacité à reconnaître qu'elle a pu se tromper ?». Et ce confrère de «rappeler (que) dans ce dossier, il y a ni cadavre, ni arme, ni mobile apparent». Ouest-France voit dans le rejet «aux cachots de l'histoire judiciaire un réflexe de protection. La Cour a craint d'ouvrir la boîte de Pandore. De voir se multiplier les requêtes en révision : une centaine de dossiers attendent déjà». Donc, conclut Sud-Ouest, «le cas Seznec demeurera une énigme propre à alimenter hypothèses et polémiques, romans et récits». Pour L'Indépendant également, «l'énigme demeure... L'affaire Seznec n'a pas connu hier le dénouement qui aurait refermé la blessure d'une famille». «Il n'est pas certain - renchérit l'éditorial de La République du Centre - que ce refus d'être accessible au doute profite à la justice». La Provence en garde aussi «un goût amer». Tout en tenant pour «admirable qu'un petit-fils consacre sa vie à reconquérir l'honneur perdu de son aïeul», Libération observe que «la justice n'a pas fait de sentimentalisme... Elle s'est contentée de dire en droit qu'il n'y a pas d'élément nouveau sur la culpabilité de Seznec». Mais alors, question : «La justice peut-elle avoir raison seule contre tous ?» se demande l'éditorial. «Oui, si elle a la confiance du peuple au nom duquel elle se prononce. Son drame, c'est qu'à force d'arrogance, d'erreurs et d'absence de doutes, elle l'a perdue cette confiance. Sa décision, du coup, risque d'être mal comprise et d'ajouter son discrédit, quand bien même elle n'a pas à s'en défendre». D'où ce titre de une de Libération, sur la photo d'un vieux moustachu à chapeau, l'ancien bagnard breton : «Coupable à perpétuité».

Publié dans Divers

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