Nicolas Sarkozy veut parasiter l'annonce du projet présidentiel de la candidate socialiste

Publié le par Philippe Ridet - lemonde.fr

A l'UMP, on a aussi entouré d'un trait rouge la date du 11 février. Et décidé de tout faire pour amoindrir l'effet médiatique des propositions que Ségolène Royal dévoilera ce jour-là.
Aussi, Nicolas Sarkozy a décidé d'occuper l'espace avant, pendant et après le 11 février pour conserver l'avantage dont le créditent les sondages face à sa rivale socialiste.


Cette confrontation à distance commencera par une épreuve médiatique. Lundi 5 février, le candidat de l'UMP sera le premier invité de la nouvelle émission politique de TF1, "J'ai une question à vous poser". Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen participeront également à cette émission, dont le principe - dangereux - est de confronter un candidat à un panel de 100 téléspectateurs.


En acceptant d'essuyer les plâtres, M. Sarkozy compte établir d'entrée un record d'audience difficile à battre et asseoir sa maîtrise. Pour doper l'audience, un SMS sera envoyé aux 330 000 adhérents de l'UMP afin de les engager à être présents devant leur petit écran.

Deux jours plus tard, le 7 mai, le candidat UMP se consacrera aux questions de défense lors d'un meeting à Toulon, en compagnie de la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie.

La seconde épreuve se jouera sur la popularité et l'attraction. Le 11 février, M. Sarkozy réunira ses comités de soutien à la Mutualité, à Paris. Il s'agit selon, Roger Karoutchi, chargé de l'animation au QG de campagne du candidat de rassembler ceux qui disent : "L'UMP n'est pas mon parti, mais Sarkozy est mon candidat." A cette occasion seront présents des élus sans étiquette, des représentants des branches professionnelles (médecins, infirmières, enseignants) et des artistes, tels que le chanteur Enrico Macias, des intellectuels, comme André Glucksmann et Alain Finkielkraut. La liste est en cours d'élaboration.

VISITE À ANGELA MERKEL

La troisième et dernière épreuve sera consacrée à la stature internationale. Le 12 février, M. Sarkozy se rendra à Berlin, en compagnie de l'ancien premier ministre Alain Juppé pour une rencontre avec la chancelière Angela Merkel. Ce déplacement fait suite à sa visite à Tony Blair à Londres, le 30 janvier, au cours de laquelle M. Sarkozy s'était interrogé, en visant implicitement Mme Royal : "Qui peut envisager de diriger la France sans connaître les dirigeants de l'Europe ?" En renforçant son image internationale, cette visite à Berlin soulignerait les difficultés de Mme Royal à oragniser un rendez-vous rapide avec la chancelière allemande.

Au-delà de cette compétition, le candidat de l'UMP est certain d'avoir pris un avantage décisif sur la candidate du Parti socialiste même s'il répète que "rien n'est joué". Au cours d'une conversation avec les journalistes en marge de sa visite au marché de Rungis, jeudi 1er février, Nicolas Sarkozy a implicitement critiqué la stratégie de Ségolène Royal : "Il faut tellement de temps pour installer ses idées. C'est une erreur de penser qu'on peut les garder pour la fin."

Ce qui n'empêche pas l'UMP de faire monter la pression sur le rendez-vous du 11. "Nous participons à l'attente, explique un député proche de M. Sarkozy. Mais nous espérons bien qu'elle sera déçue."

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