Royal-Sarkozy : la course à l'échalote passera par Berlin

Publié le par A. GUIRAL & P. VIROT - Libération.fr

La candidate PS ne connaît pas Angela Merkel alors que le patron de l'UMP la courtise, malgré des divergences sur... l'Europe.


C'est la course à Berlin. Ségolène Royal aimerait bien y être reçue par la chancelière Angela Merkel le plus tôt possible, au titre de candidate à l'Elysée. Du côté de la socialiste, on ne juge «pas absurde» que la nouvelle présidente de l'Union européenne «rencontre les principales personnalités françaises». Avec l'espoir d'une sorte de reconnaissance qui solidifierait la stature internationale que Royal tente de se tailler. Pour Nicolas Sarkozy, aucun souci de ce côté. Car il fut un temps où Merkel ne comptait qu'un ami en France : le président de l'UMP.

Tapis. C'était avant sa victoire à la chancellerie face au social-démocrate Gerhard Schröder, l'ami de Jacques Chirac. A l'époque, la chef de file de la CDU-CSU avait toutes les peines à décrocher un rendez-vous à l'Elysée, tandis que Sarkozy lui déroulait le tapis rouge au siège de l'UMP. «Quand il était ministre des Affaires étrangères, Villepin la faisait recevoir par Noëlle Lenoir [alors ministre des Affaires européennes, ndlr]. Il trouvait que Merkel n'était pas de son niveau», assure un diplomate proche de Sarkozy.

La lune de miel entre la nouvelle chancelière et le candidat de l'UMP n'a pas duré. Officiellement, tout va toujours bien entre eux. Sarkozy a adressé début janvier à sa chère Angela (il la tutoie) une lettre de deux pages pour lui «souhaiter beaucoup de succès pour la présidence allemande» de l'UE. «Nicolas Sarkozy est à l'évidence le candidat de coeur de la chancelière», veut croire un proche du ministre. Confrontée à l'exercice du pouvoir, Merkel s'est pourtant récemment opposée aux projets du patron de l'UMP qui souhaitait un «mini traité» susceptible de relancer l'Europe. Fidèle à l'accord passé avec le SPD, elle souhaite que soit préservée la substance de la Constitution rejetée en France. Idéalement, elle aimerait que les Français revotent sur ce texte. Inacceptable pour Sarkozy, qui le lui a fait savoir. La chancelière n'a pas du tout apprécié non plus les attaques du chef de l'UMP contre l' «euro fort». Et encore moins celles de Royal souhaitant que la Banque centrale européenne soit «soumise à des décisions politiques». Une sortie dont la socialiste aura une première occasion de débattre le 17 janvier avec le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

«Ferveurs». Par rapport à Sarkozy, la socialiste souffre d'un handicap : elle ne connaît pas Merkel. Pourtant, autour d'elle, on estime que la chancelière serait tout à fait ouverte à un rapide contact. C'est d'ailleurs l'ambassadeur d'Allemagne en France qui a organisé le 4 janvier un déjeuner entre Royal et les plénipotentiaires de l'UE en poste à Paris. Une rencontre au cours de laquelle «elle a impressionné ses interlocuteurs par sa ferveur européenne, sa connaissance complète des dossiers», s'enflamme son conseiller spécial, Jack Lang, qui prédit que l'élection de Royal sera un «électrochoc» qui «permettra de débloquer tout ce qui est envasé et embrumé».

Publié dans Divers

Commenter cet article

jpb 09/01/2007 10:34

C'est à partir du couple franco-allemand que s'est construit l'Europe, et seule une stratégie gagnant-gagnant est jouable.