Doc Gynéco chez Ruquier samedi soir...

Publié le par Désirs d'avenir 09

Un gros clash s'est produit dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché", qui était diffusée samedi soir à 23h15 sur France 2.

Point de départ de cet affrontement verbal, le chroniqueur Mustapha, qui aurait considérablement "chargé" Doc Gyneco invité sur le plateau.

L'humoriste a qualifié de "clown" Doc Gyneco.

Selon nos informations, une séquence a été coupée dans laquelle Mustpaha qualifié également Doc Gyneco  de "Bounty... Noir à l'extérieur et blanc à l'intérieur.

Il faut dire que dès le début de l'émission, Doc Gyneco a eu un comportement insolent.

Il est en effet arrivé sur le plateau avec son I Pod en marche, écoutant de la musique dans une oreille et affirmant "écouter l'émission de l'autre".

Plusieurs invités se sont indignés de ce comportement, mais cela n'a pas eu l'air de gêner Doc Gyneco, qui a continué.

Très rapidement les choses ont ensuite dégénéré, et le ton est monté.

Doc Gyneco s'en est également pris à Laurent Ruquier qu'il a accusé "d'être de toute façon de droite, comme tous ceux qui ont de l'argent, et d'être un faux mec de gauche".

Ruquier s'est alors emporté expliquant d'où il venait, et ses origines sociales. (Séquence non diffusée à l'antenne)

Doc Gyneco s'est ensuite fait étriller par Michel Polac à propos de son livre. Le chroniqueur a expliqué que ce livre avait été écrit non par le Doc, mais par des "nègres" dont deux seraient d'extrême .

Après l'enregistrement de l'émission Michel Polac à  dit que Doc Gyneco "était un abruti et incapable de répondre aux questions"

De son côté "Doc Gynéco" a indiqué que son avocat avait écrit à Laurent Ruquier pour lui demander de ne pas faire de coupes dans la programmes.


 

Gynéco au forceps


par lilian massoulier, Agoravox.fr



Descendu de scooter et rangé du rap, Doc Gynéco signe «Les grandes esprits se rencontrent», réflexions balourdes sur la France, Sarkozy, les femmes, et rien. Surtout rien.


« Le seul ami politique que j’aie est Nicolas Sarkozy. Je préfère travailler avec la droite, de toute manière. C’est plus excitant, moins « déjà vu » ; avec un artiste à gauche, c’est trop facile. Un artiste en politique c’est très rare, et je pense que c’est avec Nicolas Sarkozy que je me sens le plus en filiation. » L’homme qui s’exprime ainsi se fait appeler Doc Gynéco. Rappeur lascif il n’y a pas si longtemps, il est aujourd’hui un des plus bruyant soutien de Nicolas Sarkozy, le Doc de Neuilly, qui ne jure que par lui et Pascal Sevran. Et Orlando. Et Didier Barbelivien. Mais trop de philosophes tuent le propos, contentons nous donc de nous arrêter sur le Gynéco, animal à poil lent, pratiquant le chichon aussi souvent qu’un CRS pratique la matraque.


Gynéco s’appelle en fait Bruno Beausir, mais en rappeur qui se respecte, il a vite fait de changer son blaze, pas pour échapper aux contrôles, mais pour faire plus « téci ». Ainsi, Joey Starr ne s’appelle pas vraiment Joey Starr, sauf pour les contraventions. Avec le lapin Stomy Bugsy et Passi, Gynéco collabore dans sa jeunesse avec le meilleur groupe de rap du monde de Sarcelles, Ministère Amer, qui ne survivra que le temps de deux albums et de quelques règlements de compte(s). En 95 le docteur qui n’a pas peur soutient Jacques Chirac ! Un an après, il est disque de platine avec son premier album solo, « Premières consultations ». Une victoire de la musique et quelques longs mois plus tard, il sort son deuxième album (Liaisons Dangereuses) sur lequel il chante notamment en duo avec Bernard Tapie !! Suivront, pour la faire courte, deux autres disques, et quelques victoires de la musique.


Arrive 2006. Rien de bien neuf, si ce n’est un nouvel album, « Un homme nature », ainsi qu’une biographie du même titre. Mais le gros morceau du Doc cette année là, c’est Sarko, un autre « homme nature ». Gynéco lui apporte son soutien et le montre, à la télévision, à la radio, il s’affiche avec son « petit » protégé partout où il peut, répond aux journalistes qui veulent connaître les raisons de son ralliement, et développe de fumeuses idées sur la réalité des banlieues. Prises de position qui lui valent certaines inimitiés, de ses ex collègues, comme Bugsy, comme de ceux qui n’ont jamais pu l’encadrer comme Joey Starr. Gynéco promène son bonnet partout où fume l’UMP, et on le retrouvera très logiquement au grand raout sarkozien de la porte de Versailles, en janvier dernier. Un Gynéco un peu éclipsé par le service d’ordre, enfin de « placement des célébrités », qui ne souhaitait manifestement pas qu’il s’attarde trop. Il faut dire que le docteur lubrique avait quelques nuits auparavant embouti un taxi avec son scooter, quelques temps après que Sevran, autre poutre sarkozienne, se fut assis sur la bite des noirs.


Aujourd’hui, une maison d’édition peut-être sous influence, Le Rocher (naguère éditeur de Dominique de Roux, quand même), ose publier un livre qui fera date, « Les grands esprits se rencontrent » en couverture duquel on peut admirer un beau profil du chanteur, flatté par une main ( un nain ?) qui vient de là qui vient du blues, et que le quatrième de couverture nous révèle être celle de Nicolas lui-même, hilare comme un père devant un fils adopté à qui il pardonnerait une énième connerie, « allez c’est pas grave, va, je t’aime bien quand même ». Et comment ne pas aimer Gynéco ? Comment ne pas rêver comprendre ce qui se passe vraiment derrière ce regard plus ou moins vide d’homme si lent, quand l’autre, celui qu’il soutient, arbore inlassablement le regard énervé de l’homme pressé ?


« C’est avec Nicolas Sarkozy que la communication politique est la plus intéressante. Nous nous apprécions, c’est mieux de travailler avec un ami, s’il est un proche ami, encore mieux de partager les mêmes idées. » Dans ce livre, donc, en guise de « grands esprits » on doit se fader les élucubrations d’un rappeur hors rap, qui explique pourquoi le programme de Nicolas Sarkozy est à ses yeux le meilleur. Gynéco y parle donc de Sarkozy, mais pas seulement. Des femmes aussi : « La dureté de la vie dans la rue, la femme ne peut ni ne doit y être confrontée. Elle doit être protégée par la loi, comme on protège les enfants. On ne laisserait pas un nourrisson dans la rue. » Protéger la femme par la loi... Comment faire ? Quelle loi ? « Comme on protège les enfants »...S’agirait-il donc de ne pas laisser les femmes seules dans la rue, mais les encadrer par des adultes, qui les surveilleraient ? Si elles sont « comme les enfants » c’est qu’elles sont sans défense, sans autonomie, irresponsables ?..Passons.


« Le macho Doc Gynéco est un mythe forgé par mes détracteurs qui ne savent rien de moi. Je serais étonné qu’ils me comprennent un jour ». En effet, c’est pas gagné. Comprendre Gynéco, ce qu’il est comme ce qu’il dit, ou ce qu’il écrit, ne semble pas permis à tout le monde. « Je me méfie de ces femmes chics, parfois froides, qui veulent remplacer trop vite la femme des quartiers chauds. » Rien que cette phrase, si vous la comprenez, prenez votre carte à l’UMP. Dans la foulée, on lit : « Je remarque que les femmes sont enfin présidentes de pays. Espérons qu’elles amélioreront la condition de la femme. Moi qui pensais que les classes populaires devaient quitter le système socialiste, à ce jour, j’en suis toujours persuadé. Avec Nicolas Sarkozy, nous pourrions adopter des méthodes de lois qui leur soient directement destinées, avec un style adapté aux différents problèmes. Remplacer la prison par des injonctions de soins, c’est régler comme il se doit le problème de la toxicomanie. » Nous ne sommes que page 21 du livre-somme, rien n’est coupé, je cite in extenso. En français décousu dans le texte. Les femmes, les classes populaires, le socialisme, la toxicomanie, la prison, Gynéco pense comme il écrit, écrit comme il rap, en samplant à droite, à gauche (enfin pas trop à gauche) des bribes de ci de là d’ébauches de réflexions mortes à peine nées. Le tout pour arriver à un chef d’œuvre, une sorte de phrase qui claque comme un dégagement en touche de Bernard Mendy deux points ouvrez les guillemets


« Je parle aux femmes comme à n’importe quel être humain. »


La rencontre annoncée a enfin lieu : les grands esprits s’embrassent, se retrouvent enfin, mais ce n’est pas Sarko et Gynéco, c’est le Glaude et la Denrée. La Soupe aux Choux revisitée ! Entre deux ch’tis canons, les vérités fusent : « Nous ne deviendront pas tous des footballeurs professionnels. » (...) « Je tiens à préciser aux bourgeois du monde entier que les gens, comme vous dites, ne sont absolument pas cons. Cela, il faut bien vous le mettre dans la tête. Toujours à se plaindre de la crise par-ci, de la crise par-là, des risques de montée des extrêmes. C’est lamentable quand on voit l’état de l’Afrique. » (p47)


« Les grands esprits se rencontrent » n’est pas un livre drôle. Il est même grave, parfois : « Les terroristes menacent la France, et ses alliés par la même occasion, mais aussi tous les départements d’outre-mer. » (p83) Il est surtout affligeant, pathétique et faux comme une chronique de Guy Carlier.


C’est la séance au forceps d’un docteur de l’intérieur. Du ministère de l’Intérieur.

 

Publié dans Divers

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christophe CAVAILLES 05/02/2007 15:39

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°  )
Un peu lour à charger votre site camarades